Pas d’interdiction en vue pour la pêche profonde

Mountain_of_dogfish crédit photo wikipédiaLa Commission pêche du Parlement européen ne proposera pas aux eurodéputés de voter l’interdiction totale de la pêche en eaux profondes mais uniquement dans les zones sensibles.

Cette commission a en effet adopté le 5 novembre un accord qui ne prévoit pas l’interdiction totale de la pêche au chalut (au-delà de 400m), mais interdit pour cinq ans « toute pêche dans les zones les plus critiques, là où se trouvent des écosystèmes fragiles, comme les éponges et les coraux ». Un observateur devra être présent sur chaque bateau pour noter les prises, les lieux de pêche, et les durées de chalut. Les États membres devront utiliser « les meilleures données scientifiques pour repérer les écosystèmes marins vulnérables » et une liste des zones vulnérables sera créée par la Commission.

Le Parlement européen devrait entériner, début décembre en assemblée plénière, ce compromis soutenu par la France et l’Espagne. Au bout de cinq ans, la Commission évaluera alors la situation : la pêche en eaux profondes pourrait alors être reconduite à condition que le respect des écosystèmes et des poissons soit assuré. Sinon, une proposition bannissant les chaluts de fond et les filets maillants de fond devrait alors être proposée au Parlement.

Les organisations écologistes mais aussi la Commission européenne prônaient une interdiction dans les deux ans de cette pêche considérée comme destructrice des écosystèmes marins. Pour l’association Bloom, « cette méthode de pêche ne profite à personne et coûte cher en subventions et en destruction de la biodiversité marine », tandis que Greenpeace estime « que les députés ont cédé au lobbying d’une industrie qui fait fonctionner seulement neuf bateaux en France ».

 

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.