Outpost et Pafuri Camp: Out of Africa

Photographe professionnelle, freelance pour l’agence Sipa Press, Viviane Negrotto s’est envolée fin décembre pour un tour du monde de dix mois. Son but ? Rencontrer ceux et celles qui participent chaque jour à construire un monde plus durable. Tous les mois, elle nous présente un projet éco-conçu.

Plantés au nord du Parc Kruger, la résidence Outpost et le camp Pafuri sont situés sur les terres des Makuleke. Des terres que le gouvernement sud-africain leur avait retirées en 1961 durant l’apartheid pour installer le Parc Kruger, et qu’ils ont mis 37 ans à récupérer. Entre temps installés ailleurs, les Makuleke décident de les rentabiliser en y installant deux petites résidences au faible impact écologique avec l’aide de sociétés hôtelières privées.

Tout en bois et composé de tentes safari, le camp Pafuri est équipé de panneaux solaires et du recyclage des ordures. Quant à l’Outpost, il est construit sur des piliers pour éviter d’abimer le  sol avec ses fondations. Dès le départ, le contrat est clair: les sociétés doivent reverser 14% des bénéfices aux Makuleke. Avec cet argent, ils ont déjà pu construire des écoles,  installer l’électricité dans leur village et goudronner la route jusqu’à leur communauté. Ils ont également pu financer les études des étudiants les plus brillants. L’autre figure imposée pour les hôteliers c’est la formation des membres de la communauté.

Au programme: un apprentissage  de six mois sur le poste de leur choix puis un contrat d’embauche d’au moins quatre ans. Une formule qui marche. Depuis le début de l’aventure, ils sont 52 à avoir travaillé à l’Outpost. Une trentaine d’entre eux ont ensuite été engagés ailleurs dans le tourisme. Certains sont même devenus guides du Parc Kruger. Un tremplin efficace. Mais surtout, quand dans vingt ans les Makuleke récupéreront la responsabilité complète des deux hôtels, ils seront à même de les gérer.

En attendant, le plus grand défi c’est de populariser l’endroit. Niché entre les rivières  Limpopo et Luvuvhu, à la frontière du Zimbabwe et du Mozambique, ces deux lieux paradisiaques sont à la porte de somptueux paysages. Mais ici, on observe moins facilement les grands fauves, la faune de cette partie du parc étant vraiment discrète. Pour pallier, ils organisent des visites de leurs villages et organisent des spectacles de danses traditionnelles. Alors, n’hésitez pas, faites passer le mot !

Retrouvez les reportages de Viviane Negretto sur http://www.abiotifulworld.com/ au travers de photos et d’articles.

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