L’ours blanc broie du noir

naturespicsonline.comLa proposition des Etats-Unis et de la Russie d’interdire totalement le commerce international des produits de l’ours blanc a été rejetée de justesse jeudi par les délégués de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces menacées, réunie à Bangkok.

Ce rejet est considéré comme une victoire des peuples indigènes Inuit du Canada qui sont les seuls à chasser le plus gros carnivore terrestre. L’ours polaire est actuellement inscrit à l’annexe II de la Cites, qui implique une stricte régulation du commerce  international. Les Etats-Unis, qui sont avec le Canada, la Russie, le Danemark et la Norvège les seuls pays accueillant les ours blancs, réclamaient son inscription à l’annexe I, qui interdit totalement ce commerce. La proposition, qui nécessitait une majorité des deux tiers, a été rejetée par 42 voix contre, 38 pour et 46 abstentions.

La communauté internationale et scientifique est unanime pour reconnaître que l’ours blanc est d’abord victime du réchauffement climatique et de la disparition de la banquise arctique. Mais le débat portait sur la menace supplémentaire que représente le commerce international sur la survie de l’espèce. Face à la  proposition américaine, les Inuits canadiens ont fait valoir qu’une telle interdiction mettrait en danger leurs moyens de se nourrir, la vente des produits d’ours polaires leur « permettant de subsister ». La « mauvaise foi » des Etats-Unis a aussi été mise en avant lors des débats. Ils ont été accusés de vouloir sauver l’ours pour se donner bonne conscience alors qu’ils ne font rien contre le changement climatique. L’ours, selon le délégué inuit, n’est qu’une «image emblématique parfaite» pour les Américains.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.