Où se cachent les orques ?

Les orques menacés par le changement climatiqueRequins, dauphins, baleines… Et les orques alors ? Trop souvent oubliés, les cétacés sont menacés par un ennemi commun à ses compagnons de baignade : le réchauffement climatique. Dix ans après le film « Voyages au pays des orques », Pierre ROBERT De La Tour, président d’Orques sans Frontières et plongeur émérite, compte tourner un nouveau documentaire consacré au géant des mers du Nord. Le but ? Rendre concret ce phénomène au-delà des mers…

Les fjords, milieux de vie naturels des orquesLes mers du Nord et les fjords de Norvège se sont réchauffés. Bientôt on pourra s’y baigner… Un phénomène aux conséquences directes sur les espèces locales, dont les orques. Et pour cause : ce réchauffement des eaux influence la migration des harengs, principale source d’alimentation du cétacé. Les harengs, dont la population est considérée comme stable pour le moment, ne cesse de remonter vers le pôle. Le géant des mers est donc obligé de sortir des fjords pour se nourrir. « Désormais, nous trouvons les harengs jusqu’à 100 km au nord de la Norvège », explique Pierre Robert de la Tour, guide naturaliste au sein du Stromsholmen Team et membre actif des expéditions ORCA. Pour l’instant, les harengs s’adaptent bien à ces changements de milieux, mais pour ce plongeur chevronné « l’espèce risque d’atteindre ses limites et les populations ne pourront plus se reproduire ». « Dans ce cas, c’est tout un écosystème qui s’écroule, et les orques disparaîtront avec eux», redoute-t-il.

Respecter le confort de l’animal lors des plongées

les orques norvégiennes La vie des populations d’orques a donc évolué depuis son premier film, tourné en 2003. Pierre Robert de la Tour part cette semaine pour les Fjords à la conquête de nouvelles images afin de secouer un peu notre conscience. Il reste cependant prudent, « c’est une première phase active, d’une quinzaine de jours… Mais nous dépendons beaucoup du temps et des orques ». Ancien membre de l’équipe de France, il plonge en apnée et reste à distance de l’animal. Exit « De Rouille et d’Os » et les scènes tournées dans les paisibles bassins de Marineland. Ici, le cétacé n’est pas mis à disposition et ne vient pas poser son museau face à la caméra à volonté. Ce plongeur professionnel attend que le mammifère vienne à lui. Et ce pour une bonne raison, il ne tient pas à habituer les orques à sa présence. Pierre Robert de la Tour défend avant tout une méthode de travail, nommée l’U.S.E.N. Selon lui, le confort de l’animal et le respect de la nature sauvage est compatible avec la plongée, à condition de le vouloir. « Ils viennent vers moi s’ils le veulent, s’ils n’ont pas envie ? Tant pis, ça sera pour la prochaine fois ».

Les orques norvégiennes, espèce protégée par la convention de Washington, sont près de 1 500 dans les fjords. Un nombre en constante augmentation, certes rassurant, mais jusqu’à quand ? Le réchauffement climatique ne compte pas les épargner – les japonais fans de sushis non plus d’ailleurs…

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Etudiante en dernière année à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ), Marion est une grande passionnée de sport, voyages et découvertes. Après avoir travaillé en tant que reporter pour radio Africa n°1, Chérie Fm et France Bleu 107.1, elle rejoint Néoplanète. Jeune journaliste, Marion pige également pour Les Nouvelles de Versailles.