On fond pour le pôle Nord

A l’occasion de la sortie du film événement ARCTIQUE, Néoplanète s’intéresse au pôle Nord, où l’augmentation des températures a été deux fois plus rapide (+ 1,5 °C) que dans le reste du monde en seulement 60 ans. Toutes les prévisions sont dépassées. Ce qui ne calme pas pour autant l’avidité de certains.

On fond pour le pôle NordÇa fond à toute vitesse ! La banquise de l’Arctique a connu, cet été, une fonte exceptionnelle et ne mesurait plus « que » 4 millions de km2 à la mi-septembre, selon la Nasa. Le précédent record remonte à 2007. Pourtant, l’été 2012 n’a pas été particulièrement chaud, contrairement à celui de 2007. En 50 ans, la surface de glace a disparu de moitié. La fonte estivale de la banquise – cette immense étendue de glace salée posée sur l’océan – semble être, d’après certains scientifiques, le signe d’un « changement fondamental de la couverture glaciaire de l’Arctique ». D’autant que, lorsque la glace tient, elle est de plus en plus fine et fragile. Conséquence : elle ne parvient plus à assurer son rôle de protection contre le rayonnement solaire, qui pénètre directement dans l’eau et contribue à la réchauffer encore plus, ce qui accélère à nouveau la fonte. En effet, une surface glacée peut renvoyer 90 % du rayonnement solaire vers le ciel, tandis que l’océan, lui, en absorbe 80 %.

EN PLUS, ELLE DÉRIVE…

S’il n’y avait que ça ! Le second facteur du réchauffement est physique, c’est la dérive, au rythme d’un homme qui marche, explique le glaciologue Jérôme Weiss *. La banquise a toujours bougé, mais, aujourd’hui, elle dérive de plus en plus vite et reste de moins en moins longtemps dans le bassin arctique. Ce qui contribue aussi au déclin de la banquise ! Cependant, pas de catastrophisme médiatique, du style « au secours, la banquise fond ! », où on mélange hardiment banquise et calotte glaciaire. En effet, les conséquences de cette fonte estivale accélérée ne sont pas encore vraiment inquiétantes et ne peuvent provoquer une élévation du niveau de la mer, comme le souligne le spécialiste. C’est de l’eau de mer glacée qui fond dans l’océan, comme un glaçon dans un verre d’eau. La banquise va donc continuer à fondre jusqu’à sa disparition complète, d’ici à la fin du siècle ou avant, contribuant à accélérer le réchauffement.

 

En page suivante : le dégel se traduit par une réaction en chaîne que nos enfants auront raison de nous reprocher.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.