On est pas dans la merde…

« Tous les préjugés viennent des intestins. » Friedrich Nietzsche semblait avoir déjà senti, en son temps, que la merde avait du bon. C’est en tous cas ce que David Waltner-Toews nous explique dans son livre « Merde… Ce que les excréments nous apprennent sur l’écologie, l’évolution et le développement durable« , aux éditions Piranha. L’auteur se penche avec intelligence et humour sur un sujet avec lequel beaucoup de gens préfèrent se boucher le nez. Quels sont vraiment ces biosolides, et quels sont leurs effets sur notre planète ?

DR
DR

De la bouse vitale pour les coléoptères coprophages aux déjections des punaises, de la litière des chats à l’invention de la chasse d’eau, des flux du commerce mondialisé aux pandémies et à la politique énergétique, David Waltner-Toews met en lumière l’importance des matières fécales pour la planète. Que ce soit au niveau de la biodiversité, l’agriculture, la santé publique ou encore la production et la distribution des aliments, l’auteur multiplie les perspectives. En bref, des sujets qui nous sont chers chez Néoplanète. Vous aurez ainsi droit à une vision historique, scientifique, philosophie, culturelle mais aussi et surtout écologique. Ne tournons pas autour du pot : cet essai sur les excréments est passionnant, parce qu’ils constituent un enjeu agricole, urbain et écologique. Le sujet est fumant : que faire de toute cette merde ? Et cela débouche sur un débat scientifique et démocratique.

Changer notre vision

David Waltner-Toews / DR
David Waltner-Toews / DR

« Les Chinois, qui possédaient l’un des systèmes agricoles les plus intensifs et, jusqu’à récemment, les plus durables, collectent et commercialisent les selles humaines depuis 3 000 ou 4 000 ans. Des chercheurs estiment que 90 % de toutes les déjections humaines produites en Chine au fil de l’histoire ont ainsi été recyclées et ont fourni environ un tiers de tout l’engrais utilisé dans ce pays. » Cet extrait du livre donne à réfléchir. Un simple petit calcul: à raison de 600 à 800 grammes de nourriture par jour, auxquels il faut ajouter l’eau, le corps humain évacue  plus d’une demie tonne de matière par an. Et si vous vous donnez une espérance de vie raisonnable de 70 ans, cela représente un peu plus de quarante tonnes pour une vie, soit, si votre poids est de 65 kg, environ 630 fois votre poids. On s’arrête là pour les mathématiques.

Mais que faisons nous de tout ça ? N’est-il pas temps de changer notre regard sur ces déjections et d’apprendre à les réutiliser ? Ce qui nous amène à cette phrase de l’auteur : « Pouvons-nous admettre, librement et ouvertement, que notre façon de manger et notre façon de traiter notre merde sont des actes essentiels de civisme aussi importants que notre façon de voter ? Je pense que, dans tous les cas, la réponse est oui ». Il est donc aujourd’hui grand temps de trouver des solutions, parce qu’autant le dire, on est dans la merde !

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Paul Brinio

Né dans le sac à dos de ses parents, cet aspirant journaliste tombe rapidement amoureux de la radio. Après avoir traîné sa barbe et ses cheveux à RFI Bruxelles et dans des rédactions locales, il termine sa formation de journaliste, rejoint l'équipe de Néoplanète en 2015 et continu ses études de géopolitique dans un souci de conquête mondiale.