On a testé les voitures à hydrogène

Dans la famille des voitures zéro émission, cette année j’ai demandé au Père noël de m’offrir celle qui a la plus grande autonomie en usage normal. Surprise, il ne m’a pas confié une voiture solaire comme je m’y attendais mais une voiture à hydrogène. Bon, en attendant la vraie livraison du Père Noël, j’ai essayé plusieurs modèles sur le circuit de Marcoussis, en région parisienne.

Le principe ? Les voitures à hydrogène ne rejettent que de la vapeur d’eau. Une technologie demeurée dans le plus grand anonymat malgré son grand âge : elle est en effet plus que centenaire. En France, Air Liquide a fait le pari de la développer d’ici à 2020. Cette société est « le leader mondial des gaz pour l’industrie, la santé et l’environnement » comme ils se décrivent sur leur site internet.

A noter que la production d’hydrogène n’est pas si écolo que ça car même si ce gaz est l’un des plus abondants sur terre, il est toujours combiné à d’autres éléments et donc inutilisable en l’état. C’est un gaz obtenu de manière industrielle à partir de gaz naturel, d’hydrocarbure ou de charbon et très peu (1%) par électrolyse de l’eau car cette méthode peu rentable nécessite une ressource électrique importante.

Un petit modèle de pile à combustible

Pour le moment, à l’exception de quelques applications phares comme la propulsion des fusées, la production mondiale annuelle, qui atteint 45 millions de tonnes par an, est essentiellement utilisée pour raffiner des hydrocarbures ou dans la pétrochimie.

Revenons à nos voitures à hydrogène : elles fonctionnent avec un moteur électrique comme dans les voitures… électriques. C’est la fameuse « pile à combustible » qui transforme le gaz en électricité. Quelques pays sont pionniers en la matière : depuis 2009, la Honda Clarity FCX (134 chevaux) est en effet en location longue durée aux Etats-Unis, au Japon et bientôt en Allemagne. Quasiment tous les grands constructeurs  ont des prototypes en phase de test. Ce jour là, sur le circuit de Marcoussis,on avait le choix entre Mercedes, Opel, Nissan, Toyota, Peugeot…

 

Essai des véhicules

Les premiers participants montent dans un monospace Hyundaï bardé de sticker Fuel Cell (pile à combustible). Bonne surprise, aucun bruit n’émane du « moteur ». Il faut se pencher vers le véhicule pour entendre un bourdonnement quasi-inaudible sous le capot moteur. La voiture démarre enfin et ce son n’augmente pas d’un seul décibel. Le véhicule accélère doucement et mon voisin déclare bien à propos «il va falloir faire attention aux piétons». On remarque également l’étonnante vivacité de ce véhicule de près de deux tonnes.

La Hyundaï revient maintenant et va compléter son plein à une borne semblable à celle de n’importe quelle station service. C’est chose faite en deux minutes car « le réservoir était à moitié plein », selon les gens d’Air Liquide. Pas besoin d’attendre plusieurs heures comme c’est le cas avec les voitures électriques. En outre l’autonomie est doublée et atteint quatre cents kilomètres avec un seul plein. L’hydrogène concurrence directement les hybrides à ce niveau. Le problème ? Pour le moment, c’est l’absence de station service disponible au public en France alors que l’Allemagne en compte déjà une dizaine.

Ca y est, je me glisse derrière le volant du SUV d’Opel ! Petit conseil « ne jamais se servir de son pied gauche pour freiner car en cas de situation d’urgence on peut avoir un mauvais réflexe et appuyer à fond comme sur une pédale d’embrayage ».  C’est une voiture automatique comme toutes les électriques et il n’y a que deux pédales, celle pour accélérer et celle pour freiner.

Je quitte le parking dans un silence de limousine et j’aborde la piste avec un peu d’élan. J’accélère progressivement et reste ébahi par la progressivité du moteur. L’embrayage automatique fonctionne parfaitement sans aucun à coup quand il change de vitesse. Le premier virage arrive et je freine pour l’aborder, sans oublier le conseil judicieux que l’on m’a donné avant le départ.

Mon copilote pour l’occasion m’explique qu’à chaque freinage le moteur fonctionne en mode inversé, comme un alternateur, il récupère l’énergie cinétique et la transforme en énergie électrique. Elle est stockée dans les batteries d’appoints du véhicule. Cette énergie est alors disponible pour les dépenses de fonctionnement courantes et fait même avancer la voiture jusqu’à une certaine vitesse. Rien n’est perdu, tout est transformé pour le plus grand bonheur de son propriétaire.

Côté plaisir justement, l’engin répond à la moindre sollicitation du pied droit. Les reprises sont « cannonesques » et font oublier que cette voiture pèse elle aussi plus de deux tonnes. Pour stopper ce mastodonte qui accélère comme un kart, Opel l’a doté d’un freinage et d’une tenue de route excellents. Tout simplement bluffant.

Le deuxième essai de ma matinée, celui de la très sportive Honda Clarity FCX, confirmera mes premières impressions. Ces véhicules sont vraiment des voitures intéressantes…

Si vous voulez découvrir cette voiture, regarder cette vidéo d’essai par le site Caradisiac:[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=8fE57JLXrtA[/youtube]


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