On a testé le resto végétalien Loving Hut

Un resto végétalien ? L’idée m’a tout de suite plu. Pourtant, je ne suis pas végétarienne et encore moins, vous vous en doutez, végétalienne. Le végétalisme, c’est un régime alimentaire qui exclut tout produit d’origine animale -la chair- ou provenant de l’exploitation animale. Lait, œufs ou miel sont donc bannis des cuisines. Direction Loving Hut, une chaîne de fast-food végétalienne internationale.

Une grande baie vitrée, des meubles modernes et clairs, une déco sobre… Bienvenue au 92, boulevard Beaumarchais à Paris dans le restaurant Loving Hut.

La carte entre les mains, je suis rapidement intriguée par les boissons de fleurs bio. C’est dit, je teste le parfum « orchidée-mûre » ! Bilan : un régal à 4,50 € seulement. Mon acolyte, Alexia, tente « hibiscus-grenade ». C’est un peu plus amer, mais ça se laisse boire.

Côté menu, je commence par une petite salade aulacienne (5,50 €), savoureux mélange de soja, carotte, concombre et noix de cajou. Je fonds. Alexia opte pour les rouleaux printaniers qu’elle trouve « compacts » et accompagnés d’une sauce trop épaisse (6,50 €). Pourtant, « ça change des rouleaux de printemps asiat’ », me confie-t-elle. Les voilà adoptés !

En plat, je tente la quiche bien-nommée végé-bonheur (mélange de tofu et de légumes) accompagnée de ses carottes, sa salade et sa sauce. Rien à en redire : les goûts se mélangent très bien et le plat est consistant… c’est même presque trop ! Aucun regret de dépenser 12 € pour cela.


Alexia, elle, essaye les légumes sautés au tofu (8 €), un « très bon plat de résistance ».



Histoire de finir sur une note sucrée, je me laisse tenter par le crumble aux fruits frais à 6,50 €. Les fruits sont bons, mais j’avoue moins apprécier le crumble un peu sec et qui me semble « cru », et la crème (indéterminée) qui l’accompagne. Gourmande, Alexia craque pour le gâteau au chocolat (6,20€), forcément sans œuf, cuisiné avec de la fécule de pomme de terre et du lait de soja. Là aussi, ça coince : « C’était très compact. Je ne suis pas habituée au soja et j’ai senti la différence entre lait de soja et lait de vache », se souvient-elle. Au final, on s’en tire pour une trentaine d’euros par personne.

A tester : la nouveauté VegeBurger, servi avec frites, à 6,50 €.

Nos « plus »

– Une cuisine savoureuse, diversifiée, consistante et saine (bio et sans OGM)

– L’accueil très agréable dans le restaurant

– Une bonne implantation

– Un bon rapport qualité/prix

– Possibilité de plats à emporter

Nos « moins »

– Pas d’alcool à la carte. Un vin bio serait pourtant le bienvenu

– Les desserts, à notre goût un peu moins bons que des « traditionnels »

Deux adresses à retenir :

Loving Hut – 649, Promenade du Soleil, 06500 Menton

Loving Hut – 92, Boulevard Beaumarchais, 75011 Paris


Trois questions à Hugues Rivard, gérant de la SARL Nobles Délices (Loving Hut Paris).

1/ Quels sont les bienfaits sur la santé de la cuisine végétalienne ?

Les végétariens ont souvent moins de cholestérol sanguin, de risques de maladies cardiaques, ou de risques d’hypertension et de diabète de type 2 parce qu’ils consomment plus de fibres diététiques, de magnésium et de potassium, de vitamines C et E, d’acide folique (vitamine B9), de caroténoïdes, et autres composés phytochimiques. Bon nombre de médecins, dont ceux du Physicians Committee for Responsible Medicine, font la promotion du végétalisme pour guérir du cancer, des maladies cardio-vasculaires, ou autres maladies graves.

2/ Quelle relation Hommes et animaux entretiennent-ils dans notre société ?

A mon sens, on considère trop souvent les animaux comme des marchandises. Mais en réalité ce sont des êtres vivants qui ont le droit de vivre. Ils ont des émotions, ils sont plus intelligents que l’on ne pense et craignent la souffrance et la mort, comme nous. J’ai fait une carrière en tant qu’ingénieur en bâtiment, spécialisé dans l’écologique. Et même si les bâtiments ont un impact significatif sur l’environnement, l’aspect de nos vies qui en a le plus est sans conteste ce que l’on met dans notre assiette, notre alimentation. L’élevage utilise 30% de la surface terrestre ou 70% des surfaces agricoles. C’est la principale menace pour la biodiversité sur la planète et l’un des secteurs d’activité qui émet le plus de gaz à effet de serre, plus de 51% selon Goodland and Anhang. Or, nous devons réduire nos émissions de CO2 de manière drastique. La manière la plus simple n’est pas de rénover tous nos bâtiments, ni de couper court aux transports, mais plutôt de changer nos habitudes alimentaires. C’est ce qui est le plus important et le plus facile à changer car il suffit de choisir des aliments sans produits animaux. On peut changer cela du jour au lendemain. Pourtant on n’en parle pas assez.

3/ Dans le livre « La santé vient en mangeant », l’institut National de prévention et d’éducation santé (INPES) indique que le végétalisme « rend très difficile la satisfaction des besoins en acides aminés indispensables, en fer, en calcium et en certaines vitamines ». Qu’en pensez-vous ?

Les bienfaits de l’alimentation ou la cuisine végétalienne sont sans équivoque : les vitamines (excepté la B12) se trouvent tous dans le monde végétal de toute façon. Le calcium d’origine végétal est plus facile à assimiler que celui qui vient des produits laitiers. Et à travers les céréales, les noix et les légumes, il y a amplement assez de fer. A ce titre, je conseille le livre « Becoming Vegan » des diététiciennes canadiennes Brenda Davis et Vesanto Melina qui est le guide le plus complet que je connaisse et qui répond à toutes ces interrogations.

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