On a testé comment faire du plastique avec de la canne à sucre !

Alfapac nous a proposé un atelier pour comprendre comment faire du plastique à partir de canne à sucre. Epaulée par Maud Fontenoy, la société d’emballages plastiques ménagers a fait découvrir les avantages de ce nouveau procédé qui émet peu de CO2. Explications les mains dans la pâte !

Alfapac Vegetal Origin promet des emballages ménagers qui réduisent leur empreinte carbone de 95%. Pour comprendre le mécanisme, direction l’atelier « Comment faire des sacs-poubelles à partir de cannes à sucre ? ».

La séance commence par une question : qu’évoque le mot plastique pour vous ? Des mots comme « déchets » ou « 8e continent » sont sortis des bouches. Par la suite, les animateurs ont déposé sur une table des cerises, de la poire, du maïs, de la betterave, de la canne à sucre et des pommes de terre. Question cruciale: lesquels de ces éléments peuvent produire du plastique ? Tous ! Surprise dans l’assemblée. En effet, avec cette flore, nous pouvons produire de l’alcool. Or, l’alcool, c’est de l’éthylène. Et la molécule d’éthylène est nécessaire à la fabrication du plastique, qu’il soit végétal ou fossile (pétrole).

Les enfants ont ensuite reconstitué deux fameuses molécules d’éthylène, une provenant d’un végétal, et une provenant du pétrole. Les molécules étaient à première vue semblables, mais pourtant… Il y avait présence de petits trous dans la molécule provenant du pétrole, qui illustraient la captation de carbone 14 de cette énergie fossile. La raréfaction des produits pétroliers et leurs impacts environnementaux obligent à imaginer des alternatives pour produire et consommer autrement. D’où l’idée de substituer le pétrole nécessaire à la fabrication d’emballages ménagers par de la canne à sucre !

Au toucher, surprise, on ne sent pas de différence entre les deux plastiques car la molécule reste la même. Les sacs-poubelles d’origine végétale sont tout aussi solides. Leurs propriétés sont les mêmes que celles du plastique pétrolier. Il n’y a aucune différence d’aspect, de couleur ou de texture. Le film étirable est toujours aussi extensible.

Afin de parler de la biodégradabilité du plastique, les animateurs ont ensuite proposé aux participants de se mettre dans la peau d’une bactérie. Ils ont alors disposé d’une molécule faite en bonbons, et d’une autre en plastique. Les enfants ont évidemment préféré manger les bonbons, comme les bactéries préfèrent « déguster » l’azote et l’oxygène. Une image qui permet de comprendre que les plastiques végétaux ne sont pas forcément biodégradables. Si le carbone est la matière première du végétal ainsi que du pétrole, ce n’est pas l’origine végétale ou fossile de l’atome de carbone qui donne au plastique ses propriétés – dont la biodégradabilité – mais la façon dont ces atomes sont agencés. Pour qu’un plastique soit biodégradable, il faut qu’il puisse être assimilé par les bactéries ; la molécule de plastique doit comporter des groupes d’atomes particuliers qui vont pouvoir servir de « friandises » aux micro-organismes et permettre à ceux-ci de détruire la molécule. Il y a donc des plastiques 100 % pétrole qui sont 100 % biodégradables ! À l’inverse, les matériaux végétaux ne sont pas forcément biodégradables.

Quel est l’impact environnemental du plastique végétal et du plastique fossile ? Des billes qui illustraient la masse de CO2 ainsi qu’une balance ont été mises sur la table. En suivant une fiche technique, les enfants ont été invités à disposer les billes là où la quantité de CO2 rejetée est la plus forte, côté plastique végétal ou côté plastique fossile, sur la balance. L’empreinte carbone d’un sac-poubelle végétal est évaluée en prenant en compte l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre liées à la production, au transport et à la fin de vie, depuis les champs de canne à sucre jusqu’à l’incinération, la décharge ou le recyclage du sac-poubelle d’origine végétale. Si tous les ménages français remplaçaient leurs sacs-poubelles fossiles par des sacs-poubelles réalisés à partir de matière végétale, on estime à 95 % la réduction annuelle des émissions de gaz à effet de serre. On économiserait ainsi 182 000 tonnes de CO2, soit les émissions de CO2 annuelles des voitures pour une ville de 116 000 habitants (soit Perpignan par exemple), ou l’énergie consommée pour chauffer une ville de 107 000 habitants, soit 50 000 logements.

Pourquoi alors préférer les sacs en canne à sucre ? C’est la première plante cultivée dans le monde avec 1,7 milliard de tonnes produites chaque année. Le Brésil, l’Inde, la Chine et la Thaïlande restent les principaux producteurs. Cette plante est capable d’absorber le carbone par photosynthèse lors de sa culture. Tout comme les autres plantes, elle capte du gaz carbonique (CO2) et produit de l’oxygène (O2). Elle fait toutefois partie des plantes de « type C4 », dont la particularité est de montrer une meilleure capacité à absorber le CO2. En un an, un hectare de canne à sucre peut absorber plus de 60 tonnes de CO2. De plus, l’utilisation de la bagasse (le résidu fibreux de la canne à sucre après extraction du jus) comme combustible permet d’éviter l’usage d’énergies fossiles (gaz et pétrole) pour l’extraction du jus de canne à sucre et la production d’éthylène. À la distillerie, le jus de canne est fermenté et distillé pour produire de l’éthanol. Ce dernier est ensuite transformé en éthylène. L’éthylène végétal est acheminé par bateau dans les usines du groupe SPhere où sont fabriqués les produits Alfapac Vegetal Origin.

La majorité des cannes à sucre destinées à la production d’éthanol est cultivée dans les régions sud et centrale du Brésil, à plus de 5 000 km de la forêt amazonienne. La canne à sucre brésilienne est irriguée principalement à l’eau de pluie. Les plantations se trouvent loin des forêts pluviales de l’Amazonie, et leur impact sur la biodiversité est réduit grâce à des pratiques agricoles avancées et à des politiques publiques judicieuses. La culture de la canne à sucre n’entraîne pas la déforestation de la forêt tropicale, et le fait de transformer les pâturages en plantation de canne à sucre améliore l’absorption de CO2.

Depuis avril 2011, les gammes de sacs-poubelles, de sachets congélation et un film étirable ont été remplacées par du plastique d’origine végétale. Vous les reconnaîtrez facilement grâce à leur badge.

Nous avons été séduits par cet atelier ludique. Les enfants ont apporté un regard neuf sur l’environnement ! Malheureusement, ces ateliers sont réalisés uniquement en interne. On aurait aimé qu’ils soient ouverts au grand public.

En vente dans l’ensemble des grandes et moyennes surfaces de France. Coulissac 30 litres – Rouleau de 20 sacs : 3,45 €. Maxi Poids 50 litres – Rouleau de 10 sacs : 2,90 €. ZIP Congélation Moyen Modèle – 40 sachets : 3,70 €. Film étirable Vegetal Origin – 40 mètres : 2,10 €

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