Des OGM dans mon moteur

©commons.wikimedia.orgBientôt, on pourra  remplacer le pétrole et toutes les énergies fossiles par des eucalyptus génétiquement modifiés. Explication.

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2013/05/On-a-pas-de-petrole-mais-on-a-de-l-eucalyptus-124183717.mp3|titles=On-a-pas-de-petrole-mais-on-a-de-l-eucalyptus]

C’est en tout cas ce qu’affirme Stanley Hirsch, le directeur général de la société Israélienne de biotechnologie à l’origine du projet. Le brésil, l’Afrique du Sud, l’Indonésie et la Chine pourraient bientôt voir pousser dans leurs forêts d’immenses plantations d’eucalyptus génétiquement modifiés pour pousser 40 % plus vite que la normale.

Le bois de ces arbres servirait à fabriquer du papier, des carburants ou des granulés pour les centrales électriques.

Selon le directeur de la société FuturaGene,  « c’est une toute nouvelle source d’énergie qui s’offre à nous ». Ces eucalyptus pourraient produire 104 mètres cubes de bois par an et par hectare. Alors que l’ensemble des bois brésiliens utilisés pour la production d’énergie équivaut seulement 80 mètres cube. Quand on sait que l’industrie forestière représente 400 milliards de dollars par an, les enjeux sont énormes.

Comment faire grandir les arbres plus vite ?

La société en question a découvert un gène venant d’une herbe vivace qui permet de modifier la structure cellulaire des plantes. Les eucalyptus génétiquement modifiés pourraient ainsi grandir de 5 mètres par an. Sur 5 ans et demi, ça fait quand même 27 mètres de haut. Petit bémol pour la société pourtant très enthousiaste : les autorités européennes et américaines refusent de donner leur autorisation.

Pourquoi ?©moteur commons.wikimedia.org

Pour commencer, un tel changement représente un enjeu économique considérable et ouvre la porte aux lobbies. Mais au-delà de l’aspect économique, c’est l’aspect écologique qui pose problème. Modifier génétiquement des plantes n’est jamais sans conséquences. Même si l’entreprise qui demande ces autorisations affirme l’inverse. Anne Petermann, directrice du Global Justice Ecology Project aux Etats-Unis, parle  des « effets redoutables que ces changements pourraient avoir sur l’éco-système ». Prudence donc.

Cette chronique « Environnement » a été diffusée lundi 13 mai 2013 sur Europe1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.