Rejet catégorique de l’obsolescence programmée

Le Sénat a lancé ce mardi le débat sur l’obsolescence programmée des produits manufacturés. L’initiative du sénateur écologiste Jean-Vincent Placé s’est vue écartée sans la moindre concession. L’heure est pourtant venue de trouver une solution à ce problème… 

L’affaire prend une telle ampleur que le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, s’est engagé à « lutter contre l’obsolescence programmée »et à chercher un modèle économique du numérique. « Acheter un appareil qui est destiné à être totalement démodé un an plus tard pose d’autant plus question lorsque le constructeur a lui-même organisé cette obsolescence »,a-t-il affirmé à 60 millions de consommateurs.

Selon l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, ces smartphones ont une espérance de vie de 10 ans alors qu’on en change tous les deux ans voire moins. Elle propose de dissocier la vente des téléphones mobiles de l’abonnement proprement dit, d’allonger la durée de garantie et d’obliger les fabricants à mettre sur le marché des produits réparables, tout en fournissant les pièces détachées pendant dix ans après l’achat.

Pour les Amis de la Terre, il faut que la garantie de deux ans passe à dix ans pour contrer ce « scandale écologique ». Sylvain Angerand, chargé de campagne Ressources naturelles de l’ONG, dévoile la face cachée de l’obsolescence programmée : « Le renouvellement incessant des appareils de haute technologie contribue à l’explosion de la consommation des ressources naturelles minières et énergétiques. Cette surexploitation détruit des écosystèmes, déplace des populations, provoque des pollutions chimiques et engendre des conflits. »Rien qu’en France, depuis le début de 2012, plus de 13 millions de smartphones et 3,4 millions de tablettes numériques ont été écoulés.

 

En page suivante : pourquoi ne pas réparer, revendre ou donner ?

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.