Objets inachevés, avez vous donc une âme ?

© PHOTOS : CLÉMENT LE PENVEN / SAMY RIOVLorsque la qualité de l’objet passe avant la fonction. Deux jeunes designers, Basile de Gaulle et Romée de la Bigne, se sont emparés d’un concept brésilien de débrouille pratique, la Gambiarra (*), pour réinventer des objets. A lire dans Néoplanète n°38

Pas pour ajouter des objets aux objets, mais imaginer des artefacts qui proposent des qualités, plutôt que des fonctions. Basile et Romée se sont souvenus que dans les pays en développement, l’absence de produits manufacturés simule l’intelligence ; chaque objet ayant le potentiel d’en devenir un autre. Ils ont alors conçu ces « objets qualités » qui remettent en question les modes d’emploi conventionnels.
Sans induire de fonction particulière, ces « objets potentiels » (faire tourner, produire de la chaleur, etc.) laissent donc de la place au geste et à l’imagination. Ils deviendront alors des « objets-fonction » grâce à l’esprit créatif de chacun.

© PHOTOS : CLÉMENT LE PENVEN / SAMY RIOV

Dans une telle démarche – porteuse de sens et complétement dans l’esprit des Makers – le rôle du designer est inversé : il ne propose plus un objet abouti à la fonction unique, mais il imagine un « objet-élément » qui est un point de départ s’adaptant aux besoins de chacun.
Une réalité et non une utopie, même si leur expo au musée des Arts décoratifs de Bordeaux (17 avril – 27 juillet) est intitulée « Objets potentiels, une utopie de designers ».

(*) La Gambiarra, au Brésil, désigne une intelligence pratique, nécessaire pour résoudre un problème quotidien avec les moyens du bord, expliquent nos réinventeurs d’objets.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone