Nucléaire : le référendum, une bombe?

Du fait de la part extraordinaire du nucléaire dans son mix énergétique, la France occupe une place unique sur ce plan. Pourtant, le peuple français n’a jamais eu l’occasion de se prononcer sur ce choix aussi technique que politique.

Les avantages – supposés – et les inconvénients –certains– de l’énergie nucléaire sont bien connus et autant de scientifiques la défendent que d’autres la dénoncent. L’expertise technique n’est donc d’aucune utilité décisive pour orienter le choix concernant le sort de cette source d’énergie. La classe politique se montre d’ailleurs particulièrement divisée sur le sujet. On peut ainsi être pour ou contre le nucléaire (alors qu’on ne saurait être pour ou contre la gravitation ou l’électricité !). La problématique est donc aussi politique que scientifique.

Laissons le peuple s’exprimer !

Concernant une problématique politique, fut-elle par ailleurs techniquement complexe, il paraît légitime que le peuple souverain ait vocation à se prononcer. Cette vocation est d’autant plus certaine quand l’objet politique dont on parle renvoie à la sécurité de la population tout autant qu’à son mode de vie et de consommation. Les démocrates modérés avancent régulièrement l’idée que les Français ne seraient pas aptes à se prononcer directement sur des questions compliquées. Or, l’outil démocratique qu’est le référendum, prévu à l’article 11 de la Constitution de la Ve République, a vocation à être utilisé, afin que le peuple, éclairé par les différents partis politiques et les experts, donne son avis. Si la question n’est pas caricaturée en « Êtes-vous pour ou contre le nucléaire ? » ou en « Souhaitez-vous demain revenir à la bougie? ».

L’idée serait donc de demander aux Français, en pleine connaissance de cause, s’ils souhaitent une sortie du nucléaire basée sur la fermeture progressive des centrales en fonction de leur vétusté : une sorte de non-remplacement des départs à la retraite.

La Constitution de la Ve République a été révisée de manière importante par une loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 et prévoit que les référendums peuvent porter sur la poli- tique environnementale de la Nation. Il conviendrait désormais de donner à cette disposition son plein effet utile.

Découvrez la chronique droit de Nicolas Gardères : « Le siècle de la soif ? »

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