Loi sur la chasse : Les chasseurs de nouveau sur vos terres !

Des dates de chasse non respectées

Un collectif d’associations de protection de l’environnement, composé de France nature environnement (FNE), la LPO, la Ligue ROC et la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), a récemment écrit une lettre ouverte au Président de la République. Elles lui demandent que le dialogue entre les chasseurs et les protecteurs de la nature à propos des dates de chasse soit renoué. Alors qu’en 2008 une table ronde avait été mise en place pour régler les conflits, selon le collectif, « depuis 2010, cette table ronde chasse a stoppé ses travaux, la FNC [Fédération nationale des chasseurs, ndlr] ayant décidé de ne plus y participer. Dans le même temps, les accords signés n’étaient pas respectés. Un climat conflictuel s’est alors, à nouveau, installé. »

De plus en plus d’espèces chassées

Le Ministère de l’Ecologie a annoncé en décembre dernier de nouvelles règles afin de lutter contre les nuisances provoquées par certaines espèces animales, ce qui fait grincer les dents des associations de protection de la nature. La LPO s’insurge par exemple contre l’autorisation de chasse de la bernache du Canada et l’extension des dates de chasse du pigeon ramier. Pour l’association, « toutes ces mesures sont décidées sans aucune justification ni évaluation scientifique du GEOC (Groupement d’Etudes sur les Oiseaux Chassables), instance créée suite à la table ronde chasse ». Pourtant le Ministère de l’Ecologie a expliqué dans un communiqué de presse que « la bernache du Canada est une espèce exotique envahissante. […] Ses effectifs […] colonisent les habitats au détriment d’autres espèces, polluent les eaux et les espaces verts via leurs déjections, vectrices de maladies. » Quant au pigeon ramier, il est chasse 10 jours de plus dans le Nord de la France car il « se nourrit des semis et des récoltes, notamment de pois », ce qui « est fréquemment à l’origine de dégâts aux cultures. »

Notons que le Ministère de l’Ecologie a également instauré la mise en place d’un âge minimum pour obtenir l’agrément de piégeur. Le piégeage consiste à capturer des animaux nuisibles en vue de leur élimination. L’agrément de piégeur est délivré par le préfet après une formation de 16 heures. Il faudra désormais être âgé d’au minimum 15 ans pour participer à la formation et de 16 ans pour obtenir l’agrément. L’initiative peut sembler louable. Mais le Ministère de l’Ecologie n’est-il pas là en train de légaliser l’éducation de nos adolescents à la barbarie ?

*La proposition de loi peut être lue dans son intégralité sur le site du Sénat : www.senat.fr/leg/ppl10-524.html

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