Nos poubelles au régime !

600 kg ! Voilà ce que chacun d’entre nous jette aux ordures (400 kg) ou porte dans une déchèterie (200 kg) chaque année. En quarante ans, nos déchets ont doublé de poids. Faire maigrir nos poubelles est devenu une urgence, surtout en temps de crise.

Et pourtant, on trie, un coup dans la poubelle jaune, un autre dans la verte. Malheureusement, le tri est souvent si aléatoire que la poubelle jaune rejoint le toutvenant. Et si le tri est mal fait, pas de recyclage ! Or le tri est mal fait. Moins de 30 % de nos déchets sont recyclés, contre 66 % en Allemagne ; un tiers est alors incinéré et un autre tiers part en décharge. Quid de la loi Grenelle 1 qui avait prévu que 35 % de nos déchets ménagers soient recyclés en 2012, puis 45 %, en 2015 ?

CHANGEONS NOS COMPORTEMENTS

Comment expliquer ce mauvais tri de la part des Français ? Parce qu’on consomme plus et mal, sans se poser de questions : plats cuisinés industriels, appareils électroménagers, hi-fi et informatiques fréquemment renouvelés, alors que la durée de vie de ces produits ne cesse de diminuer, puisqu’on oublie, entre autres, que leur réparation est (souvent) possible.

Il suffirait de peu pour que la tendance s’inverse : selon l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, on pourrait alléger notre poubelle d’environ 150 kg par an grâce à des gestes simples, comme la valorisation organique (le compostage), ou au tri. Les déchets « verts », ou biodéchets, représentent 30 % de nos ordures ménagères. Certes, le compostage est facile quand on a un jardin et plus compliqué en zones urbaines même si certaines villes proposent désormais des bennes spéciales dans les espaces verts.

Sans parler du recyclage qui est encore à la peine : les plastiques ou les piles dans la nature sont une source de pollution de très longue durée. Or on ne recycle qu’un tiers des piles, d’où l’intérêt des modèles rechargeables. Nos bouteilles plastique, elles, peuvent se transformer en objets divers ou en fibres textiles. Heureusement, l’utilisation des sacs de caisse en plastique diminue chaque année. Quant au papier, moins de la moitié est recyclée alors que le marché en réclame. Et le verre ? Il n’est réutilisé qu’à 60 %.

Si on recyclait davantage, on économiserait des ressources naturelles qui se raréfient et on réduirait la nocivité des métaux lourds ou précieux qui peuvent être réemployés. Serait limité notre impact sur l’environnement tout en faisant des économies, puisque le coût du traitement des déchets ménagers en France s’élève, en moyenne, à 300 euros par an et par ménage.

Et si le tri des déchets commençait dès l’acte d’achat ? Nos déchets, on les paye deux fois : en les achetant, puis en les faisant traiter. C’est donc en faisant nos courses qu’on génère nos ordures du lendemain. Faisons la chasse à l’inutile et au superflu. Le consommateur peut choisir et influer sur l’offre.

 

Article extrait de Néoplanète 32

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.