En Arabie saoudite, La niqab ne voile pas l’oeil au beurre noir

« Certaines choses ne peuvent pas être couvertes ». C’est le slogan de la première campagne saoudienne contre la violence conjugale faite aux femmes. La Fondation du Roi Khalid et la Memac Ogilvy se sont associés pour créer cette affiche. Dessus, une femme cachée par une niqab qui ne laisse apercevoir que ses yeux…dont un est recouvert d’un oeil au beurre noir.

©kkf.org.saLa fondation explique – sur sa page facebook – sa volonté de faire « prendre conscience de l’existence des violences faites aux femmes et à lutter contre ce phénomène en Arabie Saoudite. » La fondation exige même  » La justice pour toutes les femmes et les enfants exposés aux abus dans le Royaume. »

« Justice pour toutes les femmes »

Une grande avancée pour ce pays qui est classé 131 sur 134 Etats sur la question de l’égalité homme-femme. L’Arabie Saoudite est d’ailleurs le seul pays au monde où les femmes ne sont toujours pas autorisées à conduire. C’est tout juste si elles ont le droit d’enfourcher un vélo.

L’effet Wadja

Cette campagne survient d’ailleurs trois mois après la sortie du film Wadja. Premier film entièrement dirigé par une femme – Haifaa Al Mansour est aujourd’hui la première cinéaste du pays – et tourné dans le Royaume. L’histoire d’une petite fille rebelle, prête à tout pour faire la course à vélo avec ses amis.

La ©wikicommonsFrance n’est pas un exemple

Les violences conjugales en quelques chiffres de LObservatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) :

Sur ces deux dernières années 400 000 femmes ont été victimes de violences conjugales. Pour 136 000 hommes sur la même période.
En 2011, 146 personnes dont 122 femmes sont décédées, suite à des violences conjugales.
En 2011 encore, une femme est morte tous les trois jours en France sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint, (en Suède, c’est toutes les trois semaines qu’une femme meurt sous les coups d’un homme de son entourage).
Moins de 10% des victimes déposent plainte.
En 2011, 465 viols sur conjoint dont 419 subis par une femme ont été recensés.
Dans 74% des cas, ces violences sont sanctionnées d’une peine d’emprisonnement.
Le taux le plus élevé de violence conjugale est entre 35 et 44 ans.
Le statut social et les revenus jouent aussi. 3,5% des femmes victimes sont parmi les revenus les plus faibles.

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.