Nicolas Canteloup : « Je payerai cher pour voir Paris sans voitures, avec des odeurs de crottins »

nicolas canteloup 1000_2 MDQue pensez-vous de l’affaire Dieudonné ? Peut-on rire de tout ?

Je pense que tout dépend de celui qui fait la vanne. Tout est possible en fonction de l’émetteur. Si par exemple, un juif fait une vanne même un peu cassante sur les juifs – sans antisémitisme bien entendu -, cela passe très bien. En revanche, quand on a un doute sur l’intention de l’humoriste, qu’on perçoit un état d’esprit malsain, ça ne fait plus rire du tout.
Mon métier est un métier d’artisan. On prend ce qu’on nous donne, à savoir la matière qui est l‘actualité, comme une pâte à modeler qu’on essaie de transformer pour faire rire. Souvent, cette pâte est assez noire, dramatique. Il faut trouver des angles pour que cela soit digeste. Alors forcément, certains peuvent se sentir blessés, d’autres vont trouver que ce n’est pas de bon goût. Parfois, c’est drôle et c’est tout. Parfois, c’est drôle et il y a un peu de fond. Mais le but n’est jamais de faire passer des messages. Chacun prend ce qu’il veut comme il veut. On distribue les vannes.

Êtes-vous attentif à votre alimentation ? Seriez-vous prêt à manger des insectes comme on nous l’annonce ou de la viande in vitro ?

Oui je fais attention à mon alimentation. C’est une question importante. Je mange assez sainement, beaucoup de fruits et légumes, assez peu de viande. D’une façon générale, j’aime vivre au plus près de la nature. D’ailleurs, nous avons un potager qui n’est pas encore très grand mais c’est un début ! Je n’ai jamais mangé d’insectes mais avec un hachis d’ail et de persil et si on ne me le dit pas, ça va passer tout seul ! Quant à la viande in vitro, je suis assez sceptique. On nous en parle comme d’une voie d’avenir pour lutter contre la faim dans le monde, au point que des gens comme Bill Gates y investissent beaucoup d’argent, mais j’ai vraiment du mal à imaginer manger de la viande cultivée en laboratoire. C’est un peu contre nature. Plutôt que de manger de la viande d’un bœuf du Limousin ou d’Aquitaine, on aura un steak avec des numéros venant de tel frigo, ce n’est pas très appétissant mais on va voir… L’alimentation c’est très psychologique, le rêve compte beaucoup. Le terroir, l’authenticité c’est un peu le paquet cadeau. Si cela n’existe plus, c’est comme d’offrir une montre de marque sans la boite ! On trouve  toujours le goût meilleur quand on sait que c’est un artisan qui l’a produit avec amour.

En page 4 : l’humoriste a-t-il encore des rêves ? 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.