Nicolas Canteloup : « Je payerai cher pour voir Paris sans voitures, avec des odeurs de crottins »

nicolas canteloup 1000_3Ce passionné d’équitation sait protéger sa vie privée et n’accorde que peu d’interviews. Son sens de l’humour cache un grand recul sur son métier et une belle sagesse de vie. Moment privilégié avec celui qui nous fait tant rire matin et soir. Une interview à retrouver dans le Néoplanète n°38

 

 

 

Vos interviews sont rares. Pourquoi ?

Peu s’exposer est une forme de protection. Notre métier est très artificiel car on est regardé par des milliers de gens, grâce à des moyens techniques, ce qui n’est pas très naturel. S’ils aiment bien me voir, c’est pour mon travail avec mon équipe. Donc me raconter ou donner mon opinion n’a pas d’intérêt.

Vous parlez beaucoup de vos auteurs, une façon de ne pas attraper la grosse tête ?

J‘ai compris rapidement que je n’avais pas toutes les qualités pour faire ce métier, notamment l’écriture, et qu’il fallait que je m’entoure. Ecrire au quotidien, c’est un vrai boulot à temps plein. Les bons auteurs, c’est rare, il faut savoir les garder. Ce sont des complices de tous les jours.

La protection de la planète est-elle un défi qui vous intéresse ?

J’aurai aimé voir comment on vivait il y a 200 ou 300 ans, sans moteurs, sans moyens techniques de multiplication de l’image. C’était une forme de vertu, celle de la lenteur, ne plus regarder le temps à la minute près. Je payerai cher pour voir Paris sans voitures, avec des odeurs de crottins, des chevaux partout, des bruits différents. J’ai peur qu’on se perde, que cette vitesse ne nous permette plus d’avoir la lucidité pour voir où on va. Tout va très vite et quand ça va plus vite que la faculté d’analyse du cerveau, on fait des bêtises. Quand j’ai un problème, je vais faire une petite marche pour m’éclaircir les idées.

En page 2 : Nicolas Canteloup à cheval

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.