N’abandonnez pas votre ancien téléphone portable, recyclez-le !

Les fabricants de téléphonie mobile ne cessent de produire de nouveaux modèles afin de satisfaire l’appétit de clients qui se lassent de leur joujou au bout de quelques mois. Résultat : les vieux téléphones portables s’entassent dans un tiroir. Que faire alors de vos appareils usagers?

Vous pouvez, bien sûr, revendre votre vieux téléphone sur un site d’enchères tel qu’Ebay. Mais il existe désormais d’autres solutions plus responsables et solidaires. Les trois grands opérateurs français sont en effet engagés dans le recyclage des mobiles anciens. Il vous suffit de vous rendre dans une de leurs boutiques afin d’y déposer votre appareil. Selon l’opérateur, plusieurs formules sont proposées. SFR et Bouygues organisent, entre autres, un système d’échange. On rend son mobile contre un bon d’achat correspondant à sa valeur actuelle et son état.

Une fois récupérés, les téléphones sont ensuite remis aux Ateliers du Bocage. L’association, proche des communautés Emmaüs, s’occupe ainsi des appareils confiés aux opérateurs, mais dispose aussi de points de collecte partout en France. Qu’ils viennent d’échange ou de dons, ce sont près de 35 000 mobiles qui sont ainsi récupérés tous les mois. Parmi eux, 30% sont encore en état de marche et bénéficient d’une seconde vie. Les 70% restants passent alors par la filière recyclage et sont envoyés aux prestataires de l’association.


En France, ces portables « jetés » font partie de la catégorie des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE). L’objectif, fixé par une directive européenne, était d’atteindre un taux de collecte de 4 kilos par an et par habitant pour les DEEE. Sur l’année 2010, la France se félicitait d’avoir collecté 6,4 kilos et donc de dépasser largement les objectifs fixés. Mais ne nous réjouissions pas trop vite, les téléphones portables font partie des DEEE les moins collectés, derrière les écrans et le gros électroménager.

Pourtant, sur un mobile, 85 à 90% du matériel peut être recyclé. Tout est bon : du plastique au nickel en passant par l’argent et le cuivre. Les Ateliers du Bocage valorisent alors les matériaux à la tonne. Les structures de recyclage revendront quant à elles leurs métaux ou leur PVC sur les marchés des matières premières et du prêt à l’emploi.

Il est enfin possible de gagner un peu d’argent tout en adoptant un comportement responsable. De nombreux sites proposent de racheter votre téléphone avant de l’envoyer au tri. Sur love2recycle.fr ou planeterecycle.com, pour n’en citer que quelques uns, les prestataires évaluent la valeur de votre mobile et vous proposent de l’envoyer gratuitement au centre de tri. Une fois le téléphone réceptionné, le particulier pourra recevoir son argent et passer des jours tranquilles sans se soucier de l’avenir de son appareil. Ce dernier sera, selon son état, remis en vente sur le marché de l’occasion, envoyé dans des pays souffrant de la fracture numérique, ou décortiqué pour en récupérer les matériaux réutilisables.

Attention : que l’on choisisse l’échange, le don ou le rachat, il faut bien faire attention à vider son mobile de toutes ses informations personnelles (codes bancaires, numéros de téléphone et autres photos privées).

Vous avez la fibre artistique ? Sachez que la tendance du « cell phone art » est en marche. Rob Pettit en a fait sa marque de fabrique avec des œuvres réunissant plus de 5000 mobiles. En 2007, le Musée d’art contemporain de Baltimore dédiait une exposition à ce phénomène. « Cell Phone: Art and the Mobile Phone », regroupait alors une trentaine d’artistes et de collectifs internationaux utilisant le téléphone portable comme outil ou matériau dans leur démarche artistique.

Photo : CC Roland Tanglao

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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.