Un mort à Sivens pour un barrage très contestable

openclipartRémi Fraisse, un naturaliste toulousain de 21 ans, est mort dimanche lors des affrontements entre manifestants contre le barrage controversé de Sivens et les forces de l’ordre, alors même qu’un rapport d’experts se montrait très critique sur l’intérêt de cet ouvrage : quel gâchis !

Dans ce contexte dramatique, les travaux de défrichement ont été suspendus alors que des manifestations de protestation se déroulaient lundi dans tout le pays. Dans leur rapport (www.tarn.gouv.fr) qui donne largement raison aux contestataires, les deux experts désignés par la ministre de l’Ecologie considèrent que le projet est surdimensionné. Selon eux :

–        L’estimation des besoins en eau est contestable car établie sur des données anciennes (donc dépassées) et forfaitaires ;

–        Une étude d’impact de qualité « très moyenne » ;

–        le coût d’investissement est élevé en regard du volume d’eau stocké ;

–        les alternatives possibles n’ont pas été étudiées ;

–        les financements (notamment européens) sont « fragiles ».

 

Les données du projet

–        Retenue prévue : 1,5 million de m3 d’eau sur 40 hectares

–        Une zone humide de 15 ha déboisée, où vit une centaine d’espèces protégées

–        Coût du projet : près de 9 millions d’euros

–        Fonctionnement annuel : 300.000 euros pour une vingtaine d’exploitations agricoles, selon les opposants et 80, selon les porteurs du projet qui proposeront la création d’une autre zone humide.

Maître d’ouvrage du projet et « responsable du choix opéré», selon les experts, le conseil général du Tarn serait seul à même de décider d’un arrêt du chantier.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.