Delphine Batho veut réduire notre exposition aux perturbateurs endocriniens

Est-ce l’annonce d’une forte baisse de la concentration en spermatozoïdes dans le sperme des Français (*) qui a poussé la ministre de l’Ecologie à affirmer sa volonté de réduire notre exposition aux perturbateurs endocriniens ? Delphine Batho a en effet expliqué que son objectif était de « diminuer autant que possible l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens pour nous préserver de leurs impacts sanitaires et environnementaux », lundi lors d’un colloque de l’Anses, l’Agence de sécurité sanitaire.

Pesticides, phtalates, bisphénol A… ces produits naturels ou de synthèse sont tristement célèbres pour leurs effets hormonaux sur la santé humaine : ils sont accusés de favoriser une puberté précoce et d’avoir des conséquences néfastes sur la reproduction (stérilité, cancers, malformations).

Concrètement, que prévoit Delphine Batho ? D’abord, elle entend proposer à l’Union européenne l’interdiction de mise sur le marché des produits destinés aux bébés contenant ces substances. Elle a également confirmé la mise en place d’« un groupe de travail associant l’ensemble des parties prenantes » qui réfléchira – d’ici juin 2013 – à une « stratégie nationale » pour diminuer les risques liés à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Enfin, la ministre prévoit de « prendre un décret » pour la décontamination pour les PCB (polychlorobiphényles).

Pour Marc Mortureux, le directeur général de l’Anses, ces produits suscitent « beaucoup de controverses au sein de la communauté scientifique », même s’il reconnait qu’ « il ne faut pas attendre d’avoir des preuves absolues pour agir. »

Les sénateurs avaient fait un premier pas en validant, en octobre dernier, l’interdiction générale de l’utilisation du bisphénol A dans les plastiques alimentaires mais seulement à partir du 1er juillet 2015 au lieu de 2013 comme proposé initialement. Les députés doivent se prononcer à leur tour sur cette interdiction.

 

(*) La concentration en spermatozoïdes du sperme des Français a chuté de 32 % entre 1989 et 2005, selon les travaux de l’épidémiologiste Matthieu Rolland, de l’Institut de veille sanitaire (InVS), publiés le 5 décembre dans la revue Human Reproduction. Cette chute, selon l’InVS, « pouvant être liée à des facteurs environnementaux, dont les perturbateurs endocriniens ».

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