Mode : le classement des marques dangereuses

Des usines textiles aux machines à laver, des produits chimiques ou des perturbateurs endocriniens sont relâchés dans la nature. Mais de moins en moins, affirme Greenpeace, qui vient de publier un classement des marques les plus propres et les plus polluantes.

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Greenpeace Asie de l’Est a publié aujourd’hui son classement « Detox » annuel qui montre comment les grandes marques de mode font en sorte de supprimer les produits chimiques toxiques de leurs chaînes d’approvisionnement et de réduire leur impact sur la pollution des eaux dans les zones de production. Cette année, l’organisation écologiste note des progrès. Sa campagne « Detox » lancée en 2011 a permis une vaste prise de conscience et a incité les marques à être plus propres.

  • “Detox Leaders”, “Greenwashers” ou “Detox Losers”?

Greenpeace a classé les marques en 3 catégories, selon les engagements qu’ils ont respectés, ou non.

Les « Detox Leaders », les marques qui se sont sensibilisées aux problèmes et qui font de réels efforts sont les plus nombreuses. Bravo à Benetton, C&A, Esprit, G-Star Raw, Mango, Mark & Spencer, Burberry, Adidas, Fast Retailing, Levi’s, H&M, Primark, Limited Brands, Valentino, Inditex (Zara) et Puma. Ces groupes ont commencé à publier des données sur la pollution émise par leurs fournisseurs sur une plateforme en ligne, ce qui permettra de créer une nouvelle norme environnementale pour le secteur de la mode et d’améliorer la transparence des chaînes d’approvisionnement.

Des marques comme Nike ou ou le chinois LiNing sont classées « Greenwashers » pour leur manque d’actions concrètes malgré leurs déclarations.

Enfin, on trouve parmi les « Detox Losers » des groupes qui n’ont pris aucun engagement malgré la découverte de produits toxiques dans leurs chaînes de fabrication : Dolce Gabbana, Versace, Gap, Hermès, Vancl, Metersbonwe, PVH, Bestseller, Giorgio Armani, LVMH/Christian Dior et Only the Brave.

  • Le secteur du luxe en bas du classement 

Le classement de Greenpeace est surprenant lorsque l’on voit les grands perdants. Les marques de luxe ont les marges parmi les plus élevées au monde mais, malgré des moyens financiers conséquents, ne fait rien pour réduire leur pollution. Les deux français Hermès et LVM-pixabayH/Christian Dior n’ont pris aucun engagement pour se débarrasser de leur addiction toxique, alors que des produits chimiques dangereux avaient été retrouvés dans des vêtements et chaussures pour enfants, lors d’analyses effectuées par l’ONG l’année dernière.

Greenpeace utilise la stratégie du « Name and shame » (« nommer et blâmer publiquement »), qui permet aux consommateurs de prendre conscience des méthodes utilisées pour fabriquer leurs habits. Et, indirectement, de faire monter la pression sur les gouvernements pour que la situation évolue. Cette action de lobbying a permis de renforcer certaines réglementations, notamment en Chine où l’on commence à encadrer l’usage des produits chimiques.

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Apprentie journaliste à l'Université de Liège en Belgique, amoureuse des chats, experte en rien mais passionnée par tout. Soucieuse de l'environnement, elle a posé ses valises chez Néoplanète.