Mingasson: de la terre des pôles aux grilles du Sénat

« Ecoutons les habitants des régions isolées. Ils ont les solutions à nos problèmes». C’est le photographe Nicolas Mingasson qui parle. Il dirige une exposition de photographies sur les  grilles du Jardin du Luxembourg jusqu’à la fin de l’année : Terre des pôles.

Expert en logistique dans les expéditions du Grand Nord, Nicolas Mingasson est partie en croisade pour l’avenir de la Terre. Son arme : un Leica. Ses actions : une exposition « Terre des pôles » actuellement au Sénat et dans laquelle il fait partager la vie des populations de l’Arctique russe soumis au réchauffement climatique (lire en encadré), un livre Terre des Pôles, préfacé par Jean-Louis Etienne et avec des interventions de pointures comme le climatologue Jean Jouzel et le navigateur Michel Desjoyaux (1), un projet photographique  « Sentinelles de la planète» à travers lequel  les populations isolées pourraient bien « nous apprendre à vivre autrement », annonce-t-il…

« Les populations isolées ont conservé un mode de vie que nous n’avons plu »

Car, pour Nicolas Mingasson, il n’y a aucun doute : ce sont nos modes de vie qui sont à l’origine de nos problèmes de changement climatique et de perte de biodiversité. Et les solutions se trouvent chez les habitants de toutes les régions isolées du globe : les régions polaires, les îles… « Nous, Occidentaux, nous vivons dans un monde qui nous semble sans limite ou avec une limite que nous voulons toujours repousser. Les populations isolées, elles, qu’elles soient dans l’Arctique russe ou sur une île tropicale,  vivent dans un espace clairement fini, limité, par le climat, par la mer. Elles ont conservé un mode de vie, une psychologie que nous n’avons plus. Quand on est né dans un monde fini, on n’a pas envie de repousser les limites de ce monde. Pour eux, c’est évident qu’il faut fermer le robinet. Ils ne se posent même pas la question », explique Nicolas Mingasson.

Changement climatique: un débat à élargir

Et l’artiste de citer son propre exemple : « Un jour, dans une expédition en Arctique, je n’avais pas assez d’essence. J’étais un peu court. Je me suis dis : tant pis, je vais en acheter. Mais, sur place, la réponse  des locaux a été très claire : non, tu ne peux pas en acheter. On en a mais on en a besoin pour la pêche cet hiver. Donc j’ai du faire autrement, rester et changer tout mon programme. Je vivais bel et bien dans un monde fini. » Conséquence : Nicolas Mingasson estime que le débat autour du changement climatique est un peu trop réservé aux scientifiques purs et durs et mériteraient plus d’interventions de philosophes, psychologues, sociologues, historiens…
(1)Terre des Pôles, livre paru aux éditions Jean di Sciullo, éditions Terre des Sciences. Septembre 2008.

Terre des pôles au Sénat
L’exposition Terre des Pôles  de Nicolas Mingasson est visible du 24 septembre au 4 janvier sur les grilles du Jardin du Luxembourg, dans le cadre de la quatrième année polaire internationale. On y voit quarante de ses clichés pris en noir et blanc, en Arctique : des paysages, mais aussi des scientifiques, des éleveurs, des pêcheurs, des Russes qui ouvrent la porte du Pôle Nord aux chercheurs et autres aventuriers. Ces  photographies sont complétées par 40 autres prises de vue en couleurs et provenant pour leur part de l’Antarctique.  Elles sont signées François Lochon, Nicolas Dubreuil, Eric Lefebvre, Jean-Robert Petit, Yves Soulabaille, Kjelle Ove Storvik et Karim Agabi.  Cette exposition devrait par la suite voyager sur la planète.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone