Mille raisons d’y aller

Une mosaïque d’habitats, un assemblage de forêts, des prairies… et au milieu, de l’eau. Posé au nord de la Franche-Comté, au cœur des Vosges saônoises, le Plateau des Mille étangs livre une partition unique, emplie de nature et de paysages mystérieux. Reportage.

« La petite Finlande », c’est le surnom de cet Éden de verdure. Façonné il y a 12 000 ans par les glaciers, intégré au réseau Natura 2000, sur une étendue de 220 km2 et culminant à 750 mètres, le Plateau des Mille étangs se partage entre forêts, pâturages, tourbières et étendues d’eau. Chênes, épicéas, hêtraies, sapins… une canopée survolée par des milans noirs ou royaux, des faucons pèlerins, des buses. C’est aussi le pays des tourbières. Certaines sont aménagées, comme la Grande Pile à Saint-Germain, et peuvent se visiter. Et de nombreux vestiges archéologiques sont aussi à découvrir au cœur du plateau.Un espace naturel où trônent des espèces protégées ou rares sur le territoire.

Une « star » sur le plateau

« Ici, la star, c’est l’écrevisse à pieds blancs », se réjouit Nadège Van Lierde, animatrice Natura 2000 et chargée de mission pour LIFE, un programme spécifique de la Commission européenne dont l’objectif est d’accompagner la mise en œuvre des politiques communautaires en faveur de l’environnement.

CRTFC_0003161Elle nous reçoit au sein de l’Espace Nature Culture, à Château-Lambert, dans un bâtiment HQE situé au pied du Ballon de Servance. Un espace où se pressent près de 5 000 visiteurs à l’année pour découvrir les écosystèmes, l’agriculture, la faune et la flore de la région. « Si des espèces comme l’écrevisse à pieds blancs perdurent sur le plateau, c’est le révélateur d’une bonne qualité des eaux », poursuit Nadège Van Lierde. Ici, malgré l’abondance de truites fario, pas ou peu de pêche. Les étangs sont privés et des partenariats sont mis en place avec leurs propriétaires pour préserver le milieu naturel et entretenir les plans d’eau. « Nous sensibilisons les propriétaires des étangs et nous leur apportons un financement des travaux », explique Nadège Van Lierde. Vidange, clôtures, replantation de la ripisylve (essentielle pour le maintien de la biodiversité), des travaux indispensables pour éviter, par exemple, le réchauffement des eaux, nuisible aux écosystèmes. « C’est une démarche de sensibilisation qui n’est pas toujours bien comprise par les propriétaires, lesquels n’ont pas l’habitude que la puissance publique intervienne sans contrepartie », poursuit la chargée de mission. Et si des actions sont menées en direction des étangs, une prime au fauchage tardif est également versée aux agriculteurs afin de préserver le nichage des oiseaux. « L’idée est de protéger les milieux naturels en y intégrant l’activité humaine. »

En page 2 : Bienvenue à la ferme ! Et côté patrimoine ?

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Jean-Michel Véry

Guitariste, compositeur, après dix ans de bons et loyaux services auprès de musiciens comme Andy Chase, Laszlo de Trèbes ou Vivien Savage, il débranche pour le journalisme et collabore avec L’Optimum, Le Figaro, Politis… Un père anglais et une mère égyptienne, aux ascendances touaregs, lui confèrent génétiquement le goût du voyage. Il signe régulièrement la rubrique « tourisme » pour Néoplanète.