Miel : la beauté qui fait bzzz

Les abeilles souffrent de nos excès sur la planète et les produits de la ruche deviennent un luxe. Pourtant, leurs bienfaits nous sont indispensables pour rester beaux et en bonne santé ! Par Emmanuelle Vibert.

Les abeilles sont en danger, nous répètent les apiculteurs. La faute aux pesticides, aux parasites, et au réchauffement climatique… En 2008, le sud-ouest de l’Allemagne a perdu 80 % de son cheptel, la Slovénie 50  % et l’ensemble de l’Union européenne 30 % (source : congrès Apimondia 2009). Or nous avons besoin d’elles pour la pollinisation des fleurs. Mais pas seulement, partout dans le monde des chercheurs et des praticiens confirment la richesse cosmétique et médicale des produits de la ruche.

En 1984, quand il a  appliqué du miel sur les plaies de ses patients, le professeur Bernard Descottes aurait pu passer pour un illuminé. Aujourd’hui, il est mondialement reconnu dans le milieu médical et de l’apiculture, et regretté depuis son décès en octobre dernier. Ce chef du service de chirurgie viscérale et transplantation du CHU de Limoges a utilisé pendant 25 ans du miel de thym pour favoriser la cicatrisation (deux fois plus rapide qu’avec du tulle gras). Un cas à part ? Non. Aux États-Unis, en Chine ou en Roumanie, on soigne des milliers de malades atteints de sclérose en plaque grâce au venin d’abeille. Dans le monde entier, de plus en plus de labos passent à la loupe les produits de la ruche pour développer leur potentiel thérapeutique.

Priorité au bio

Est-ce que ça marche avec un miel premier prix de supermarché ? Il y a peu de chances. Pour se soigner grâce aux abeilles, mieux vaut choisir des produits bio. Exempts de pesticides, de traitements antibiotiques ou chimiques, vous aurez aussi l’assurance que les abeilles n’ont pas été nourries de sucre ou de produits industriels qui dénaturent le miel et dégradent la santé des insectes. Avec son concept novateur d’« Apiculture douce® » , Catherine Ballot-Flurin, spécialiste en la matière (www.ballot-flurin.com), va encore plus loin. Elle exclut toute nourriture artificielle, et affirme que les abeilles disposent des ressources pour se soigner par elles-mêmes. Dans Les Bienfaits de l’apithérapie, son ouvrage paru aux Éditions Eyrolles, elle parle de  respect : « Un miel récolté avec douceur sera bien meilleur que pris de force sans l’accord des abeilles ». Il serait grand temps de faire entrer l’apiculture douce dans la Constitution française.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone