Mesdames, cachez ce pantalon que je ne saurais voir !

L’été, quand les soirées sont fraiches, on quitte facilement sa jupe ou sa robe pour enfiler un pantalon. Mais en réalité, c’est interdit ! Une ordonnance de 1800, qui stipule que « toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation », n’a jamais été abrogée.

Mesdames, cachez ce pantalon que je ne saurais voir !« L’abrogation de cette loi est symbolique. Mais on y tient car ce texte a un caractère régressif et humiliant, il légitime le contrôle du corps féminin. » Asma Guenifi, présidente de l’association Ni putes ni soumises, s’accroche, même si ce texte, que personne n’applique de nos jours, n’a jamais donné lieu aux sanctions prévues (à savoir que la femme contrevenante est « arrêtée et conduite à la préfecture de police »).

Pourquoi une telle loi ? « Elle a été pensée en des temps révolutionnaires où l’on craignait que les femmes ne cachent des armes sous leur pantalon », explique Gérard Charasse, député (PRG) de l’Allier, au Parisien.

« C’est idiot de garder ça »

Bien sûr, ces dernières années, des propositions pour abroger le texte ont été déposées… mais en vain ! Pourquoi ? Simplement parce qu’elles étaient jugées non prioritaires. Maryvonne Blondin, sénatrice (PS) du Finistère, a été la dernière à tenter sa chance. « On va finir par y arriver, c’est idiot de garder ça », confie-t-elle.

Toutefois mesdames, rassurons-nous : l’ordonnance a été modifiée par deux circulaires (en 1892 et 1909) qui tolèrent le port du pantalon « si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ». Ouf !

 

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