Méduses : Attention, danger !

D’après un communiqué du Muséum de Toulouse

Elles font régulièrement partie du décor estival et sont redoutées des baigneurs et des pêcheurs : cet été encore les méduses sont au rendez-vous de nos côtes.
Méduses, attention danger ! Oui et pas seulement pour les nageurs imprudents, car leur prolifération souligne la très grande fragilité de l’écosystème marin et met en péril la biodiversité de ce milieu.

photo1Envahissante, la méduse

Présentes dans nos océans depuis 600 millions d’années, les méduses voient leurs populations augmenter régulièrement dans la plupart des mers et océans du monde. Un phénomène certainement lié d’après les scientifiques, aux changements climatiques. Réchauffement de l’air et de l’eau, hivers doux, hautes pressions atmosphériques, déficit de pluviométrie, mais aussi cycles solaires de 12 ans, autant de paramètres qui favorisent la pullulation des méduses.
D’autres explications, cette fois-ci liées à l’activité humaine, sont à envisager telle que la pêche intensive des thons et des tortues marines, principaux prédateurs des méduses qui ne peuvent plus jouer leur rôle de régulateurs. Les méduses sont favorisées par ce déséquilibre de la chaîne alimentaire, car fortes de leur surnombre et carnivores très voraces, elles déciment les œufs et les larves de leurs principaux prédateurs.

Illustration : Alain Bénéteau ©Muséum de ToulouseLes conséquences de ces invasions préoccupent les biologistes qui redoutent un appauvrissement de la biodiversité marine. Des scientifiques prévoient même un doublement de ces populations d’ici à 2020. C’est pourquoi certains pays, comme l’Espagne particulièrement touchée, ont réagi en réintroduisant des tortures marines pour rééquilibrer le biotope.

D’autres conséquences d’ordre économique sont également à déplorer. Premier secteur affecté, le tourisme, bien sûr. Des villes comme Barcelone, Cannes, Monaco ont du investir dans des filets marins de protection pour contenir ces indésirables. On a recensé l’été dernier plus de 10 000 blessés, plus ou moins gravement en quelques mois, sur le littoral méditerranéen de l’Espagne.

Les pêcheurs, quant à eux, déplorent l’appauvrissement des stocks de poissons (à certains endroits des côtes namibiennes, on a recensé plus de méduses que de poissons ; dans le golfe du Mexique, des méduses géantes font concurrence aux pêcheries de crevettes), mais aussi des dégâts matériels importants (en mer du Japon, des méduses géantes de 200 kg et de 2 mètres de diamètre parviennent à briser les filets de pêche et déciment la faune locale). En Irlande du nord, l’hiver dernier, une pisciculture a perdu plus de 100 000 saumons, attaqués par des millions de petites méduses urticantes.

Photos / de haut en bas
1 : Une pullulation de Pelagia Noctiluca, méduse fréquente le long de nos côtes. Photo : F. Bassemayousse / uwpress.com
2 :
Illustration : Alain Bénéteau ©Muséum de Toulouse

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