MédiaTerre : créer un lien social en protégeant l’environnement

En 2009, l’association Unis Cité crée un France Médiaterre, un projet de service civique afin d’amener l’écologie dans les quartiers populaires. Une bonne excuse aussi pour créer du lien social.

L’objectif de Médiaterre est simple : interpeller les foyers à revenus modestes sur les enjeux environnementaux. Selon le bilan 2011 réalisé par Unis Cité, l’association de service civique à l’initiative du projet, plus de 50 quartiers auraient été concernés en un an. A Dunkerque, Lille, Strasbourg, Paris, Grenoble ou encore Bordeaux, pour ne citer que quelques villes, les missions couvrant tout l’hexagone.

Les jeunes volontaires, âgés de 16 à 25 ans, s’engagent pour une mission de 6 à 9 mois, à temps plein, indemnisée à hauteur de 540 euros par mois. Aucun diplôme n’est requis, juste une motivation de fer. Et de la motivation il en faut à ces « Médiaterre » pour jouer, en quelque sorte, le rôle d’anges gardiens de la planète dans les milieux populaires. A chaque rencontre avec une famille, les jeunes diagnostiquent les efforts à fournir et mettent en place 5 à 10 éco-gestes.

Fanny Condat, étudiante en commerce de 23 ans, a réalisé une mission à Paris, elle nous raconte : « J’avais envie de vivre une expérience de terrain et d’équipe. J’ai été comblée avec le projet Médiaterre. » De janvier à juillet 2011, elle est allée au contact de personnes en difficultés près du quartier de la Villette, à Paris. « Au début, lorsqu’on arrive, la première chose est de se faire connaître du quartier. On a interpellé les habitants avec des panneaux, on allait dans des cours d’alphabétisation pour adultes. C’est comme ça qu’on recrute des familles volontaires, raconte la jeune femme. Ensuite, on les suit pendant plusieurs semaines. »

Parmi ces petites actions qui changent tout, les familles ont majoritairement été attirées par l’extinction des appareils en veille -permettant d’économiser jusqu’à 50 euros par an-, l’utilisation d’équipements de réduction de consommation d’eau ou encore le tri des déchets.

Ainsi, via une formation simple, les Médiaterre informent les familles et les aident à réduire leur impact sur la planète tout en faisant quelques économies. Une expérience enrichissante pour tous : les familles à qui l’on apporte un soutien, mais aussi pour les volontaires. Fanny confie : « Ces missions m’ont fait prendre conscience de l’impact qu’ont les associations, même à petit échelle. Et je me suis aussi rendue compte du manque d’information dans ces quartiers où les familles sont pourtant en demande ».

Selon l’association Unis cité, plus de 60% des familles volontaires se disent globalement satisfaites du projet et 55% seraient prêtes à réitérer l’aventure. Un bilan positif pour cette association qui avait débuté le projet Médiaterre avec 100 jeunes et qui a vu leur nombre tripler. Grâce à leurs actions, on peut d’ores et déjà prédire un avenir plus vert aux quartiers populaires.

Photos:  © Unis Cité

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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.