Mauvaise qualité de l’air : la France pénalisée

La France, bonnet d’âne en matière de respect des réglementations de la qualité de l’air, est condamnée pour dépassements des valeurs limites de particules fines (les valeurs limites concernent la concentration annuelle (40 μg/m³) et la concentration journalière (50 μg/m³). Cette dernière ne doit pas être dépassée plus de 35 fois au cours d’une même année). N’ayant pas pris de mesures efficaces pour remédier au problème des émissions excessives de ce type de particules dans plusieurs zones du pays, elle devra payer une amende à l’Union Européenne. Le dossier est en cours d’instruction.

La pollution de l’air coûte très cher à la France ! En plus des pénalités à verser à l’Union Européenne, elle doit faire face à l’augmentation des coûts de l’assurance maladie qui doit assumer l’augmentation des allergies, des asthmes, des accidents-cardiovasculaires et autres cancers. Pour l’Association Santé Environnement France, qui réunit près de 2500 médecins, il faut absolument assainir durablement l’air que nous respirons.

De nombreuses études ont démontré que la pollution de l’air est nocive pour notre santé. L’étude APHEKOM, publiée en mars dernier par l’Institut de Veille Sanitaire, a prouvé que la diminution des particules fines dans l’air de nos villes permettrait d’augmenter notre espérance de vie. L’enquête affirme également que les personnes vivant à proximité d’axes routiers importants souffrent davantage de maladies chroniques. Aussi, le trafic automobile serait à l’origine de 15 % de l’asthme chez l’enfant.

L’impact des aménagements urbains sur la santé n’est toujours pas pris en compte par les plans d’urbanisme ou par les plans de déplacements urbains ! Pourtant, la solution qui semble la plus efficace serait de développer les transports en commun.

L’intérieur aussi ne manque pas d’air !

Il est également important de se pencher sur la qualité de l’air intérieur. Nous passons en moyenne 70 à 90 % de notre temps dans des espaces clos, en ignorant souvent que cet environnement est également pollué. En effet, notre intérieur contient de nombreux produits nous exposant à des substances irritantes, allergisantes voir cancérogènes. Les peintures, isolants, cloisons émettent des polluants de type formaldéhyde, toluène, styrène, etc. Une étude de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, menée dans 567 logements français, a montré que pour 9 % d’entre eux, les concentrations de ces polluants étaient élevées !

Afin de lutter contre ce problème, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, Christine Lagarde, ministre de l’Économie, et Xavier Bertrand, ministre du Travail ont signé un décret imposant l’étiquetage sur les produits de construction et de décoration. A partir du 1er janvier 2012, chaque consommateur pourra choisir, dans les rayons, les produits ayant le plus faible impact sur l’air intérieur de son chez-soi.

L’étiquette devra indiquer le niveau d’émission des polluants volatils. Elle constituera pour le consommateur un nouveau critère de sélection en fonction de son usage : chambre pour les enfants, pièce de vie commune…Une note allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions) et le schéma d’une maison contenant un nuage de polluants, permettront d’identifier rapidement la qualité du produit. Une bonne initiative qui ne doit cependant pas faire baisser notre vigilance !

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