Marée noire : BP tente de redorer son image en ligne

Groupes Facebook appelant au boycott, vidéos parodiques, concours pour revisiter le logo du pétrolier… La vague de protestation à l’encontre de BP ne faiblit pas sur Internet. BP tente de redorer son image en ligne, en vain.

Depuis le début de la marée noire dans le golfe du Mexique, BP doit faire face à une vague de critiques sur Internet. Sur Facebook, les groupes appelant au boycott des stations services de BP fleurissent ainsi depuis avril. Plus de 600 000 personnes ont par exemple adhéré au groupe « Boycott BP ».

Certains internautes ont aussi entrepris de revisiter le logo du géant pétrolier non sans humour. Animaux souillés, fleurs fanés, dessin qui part en fumée… Ils rivalisent d’imagination pour remporter le concours en ligne organisé par le site « Logo my way ».

Les militants de Greenpeace ont, eux, escaladé la façade du siège de la compagnie British Petroleum (BP) à Londres et ont accroché un drapeau aux couleurs du logo de BP « revu et corrigé » : le tournesol est entaché de pétrole, et les lettres BP ne signifient plus « pétrole britannique » mais « pollueur britannique ». Dans la foulée, Greenpeace a lancé une campagne de dénigrement à l’encontre de BP et vous propose de revisiter le logo du pétrolier à votre tour. Jusqu’au 28 juin 2010, graphistes, designers, professionnels et amateurs sont invités à faire appel à leur créativité pour participer à ce concours : www.greenpeace.org.uk/behindthelogo

D’autres petits malins ont imaginé des vidéos parodiant les solutions tentées par BP pour venir à bout de la marée noire. Un exemple ? La vidéo, déjà vue plusieurs millions de fois dans le monde, sur le café renversé lors d’une réunion chez BP.

Certaines entreprises, comme « Zazzle », ont enfin décidé de surfer sur la vague de contestations avec des accessoires anti-BP : autocollants pour la voiture, casquettes, badges, aimants, tee-shirts… Rien ne manque pour parfaire sa panoplie du parfait militant !

Comment BP soigne son e-réputation

Le groupe a commencé de manière traditionnelle par acheter des pages de publicité entières dans les grands quotidiens américains. Le principal slogan ? « Nous en viendrons à bout ».

BP a ensuite envahi le web en achetant les mots-clés liés à la catastrophe sur les trois principaux moteurs de recherche américains. Sur Google, Yahoo! et Bing, la recherche en anglais des termes «marée noire» ou encore «marée noire du golfe du Mexique» renverrait ainsi, en haut de la page de résultats, à un lien sponsorisé vers le site de BP, accompagné de ce message : «Pour en savoir plus sur l’action de BP».

En cliquant sur ce lien, l’internaute est acheminé vers une page où le géant britannique détaille à grands renforts de vidéos et d’infographies les mesures prises sur le terrain pour combattre la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis.

Selon les premiers chiffres annoncés dans les médias, BP débourserait chaque jour environ 10 000 dollars pour conserver le contrôle des précieux mots-clés. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Oui, car si cette stratégie est vivement critiquée par les internautes, elle peut s’avérer très efficace. Selon une étude américaine, quatre Américains sur cinq ne font pas la différence entre un lien normal et un lien sponsorisé, payé par un annonceur.

De son côté président Barack Obama a déjà critiqué BP pour avoir dépensé 50 millions de dollars en spots publicitaires télévisés pour défendre son image depuis le début de la crise il y a plus d’un mois.

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