Manger du fromage, ça pue pour la planète ?

Au-delà du débat pour savoir si le lait est bon ou pas pour la santé, la production laitière serait bien plus grave pour notre planète ; elle serait responsable de 15% des gaz à effet de serre ! La fondation Goodplanet nous fait découvrir une initiative pour diminuer cette empreinte carbone dans le cadre de sa future grande campagne autour de l’alimentation et du climat dans le cadre la COP21 : LA SOLUTION EST DANS L’ASSIETTE. Car oui, on peut manger du fromage sans bousiller notre environnement !

Fromages
Les produits laitiers produits par l’EARL de Belle Eau sont majoritairement vendus en vente directe sur les marchés, via les circuits courts, mais aussi dans des restaurants crédit photo : blog.laruchequiditoui.fr

 

UN CHIFFRE CLÉ

D’après le Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière (CNIEL)710 litres de lait de vache sont produits en France chaque seconde, ce qui fait de notre pays le second plus gros producteur européen.

Les Français, quant à eux, sont les premiers consommateurs de beurre et de fromage au monde, avec près de 15 kg/ personne/ an : les produits laitiers représentent d’ailleurs près 14% de notre budget alimentaire !

UN CONSTAT

Pour satisfaire cette demande, la production laitière mondiale a augmenté de plus de 50% en 30 ans. Or, le plaisir d’un bon plateau de fromage ou d’une tartine de beurre frais n’est pas neutre pour l’environnement, notamment pour le climat. En effet, la consommation de produits laitiers représente environ 15% des émissions de gaz à effet de serre générées par notre alimentation.

Ces émissions de GES proviennent principalement des éructations et flatulences des animaux d’élevage mais aussi de la production de leur alimentation : il faut environ 70 kg de fourrages et de céréales pour nourrir quotidiennement une vache laitière qui produit environ 30 litres de lait par jour. Au-delà de problématiques climatiques, l’intensification de l’élevage soulève également des enjeux liés au bien-être animal.

UNE SOLUTION 

Privilégier les produits laitiers plus respectueux de l’environnement et de la sensibilité animale ! Nous pouvons tous lutter très concrètement contre le dérèglement climatique en réduisant notre consommation de produits laitiers et en étant attentif aux modes de production.Vache

En effet, l’empreinte carbone d’un produit laitier peut être très variable d’une exploitation à l’autre : d’après l’INRAles vaches laitières nourries à l’herbe et élevées en pâturage émettent 2 fois moins de gaz à effet de serre que celles issues d’élevages conventionnels.

Nombreux sont les éleveurs français qui se sont engagés à maintenir une exploitation de taille restreinte – la moyenne des fermes françaises est de 52 animaux seulement – et à relever le double défi de la limitation des impacts environnementaux et du respect des animaux d’élevage ; c’est le cas de la ferme des « 49 vaches et demie » !

UNE INITIATIVE

En 2010, Alain Regnault, éleveur bovin, et Jérôme Lemarec, transformateur de produits laitiers, se sont associés pour créer la ferme de Belle Eau, plus connue sous le nom de la ferme des « 49 vaches et demie ».

Avec une production laitière 100% bio, ce drôle de nom évoque le nombre maximum de bovins que peut accueillir l’exploitation avant de devoir subir des travaux d’extension. Or, l’agrandissement de la ferme n’est pas dans les projets de ces deux éleveurs, bien au contraire.

Si leurs bêtes produisent annuellement 2 fois moins de lait que les vaches en exploitations intensives (environ 4 000 litres contre 8 000 litres), ils ne souhaitent pas l’intensifier. En effet, la petite taille de l’exploitation permet aux vaches de paître en plein air l’été, d’être nourries au foin produit sur l’exploitation en hiver et d’être soignées aux huiles essentielles et à l’homéopathie. La prise en compte des enjeux climatiques et éthiques est au cœur des préoccupations de ces deux éleveurs : un bel exemple à suivre !

UNE ASTUCE

AOCÀ défaut d’avoir accès à un producteur laitier local, il est possible de se fier aux Appellations d’Origine Protégée (AOP) et Contrôlée (AOC), qui garantisseAOPnt l’ancrage d’un savoir-faire dans son terroir et un meilleur équilibre avec l’environnement, surtout lorsqu’elles sont couplées à l’agriculture biologique : l’empreinte carbone est environ 2 fois inférieure à celle des élevages conventionnels moyens, grâce au stockage de CO2 des prairies et la limitation des aliments autres que l’herbe.

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