Manger des insectes, ça peut piquer !

L’alimentation à base d’insectes ou entomophagie, est en passe de devenir une des solutions alternatives pour lutter contre la faim dans le monde. Mais est-ce sans risques ? L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) a publié un avis pour tenter de répondre à la question. 

Stand d'insectes comestibles en Asie
Stand d’insectes comestibles en Asie

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, s’est prononcée en faveur du développement de l’élevage de petites bêtes à grande échelle pour parvenir à nourrir plus de 9 milliards d’êtres humains d’ici à 2030. Si cette possible nourriture peut nous dégoûter de prime abord, c’est simplement culturelle. En effet, deux milliards de personnes en consomment déjà, particulièrement en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

En Europe, de plus en plus de restaurants ou de grandes surfaces se lancent dans le marché de l’entomophagie, solution naturelle dont on vous a déjà vanté les effets. Avec cette étude, l’ANSES a voulu faire un état des lieux des connaissances scientifiques sur le sujet. L’agence a donc réalisé une analyse approfondie de la situation auprès diverses experts, spécialisés en biologie, chimie alimentation animale ou encore allergies. On obtient le verdict suivant : la consommation humaine d’insectes présente différents risques, surtout allergènes.

GusanosL’allergie, principal risque sanitaire

Des protéines à l’origine d’allergies, comme la myosine ou la chitine, ont ainsi été détectées chez les insectes étudiés.  Si elles ne vous disent rien, sachez qu’on les retrouve chez les acariens, crustacés ou mollusques. Mais attention, toujours selon l’étude, ces dangers proviennent principalement des conditions d’élevage et de productions. Si vous êtes entomophage et que vous faites attention à ce qu’il y a dans votre assiette, vous n’avez donc pas de souci à vous faire.

« Par ailleurs, de manière générale, comme pour les autres aliments d’origine animale ou végétale, les insectes comestibles peuvent devenir, suite à une conservation non adaptée, impropres à la consommation humaine », note l’ANSES.

La prudence est de mise

L’ANSES préconise donc « de définir un encadrement spécifique permettant de garantir la maîtrise des risques sanitaires ». Selon l’agence, ces risques sont similaires pour d’autres aliments plus communs, comme la viande. Les scientifiques vont donc devoir se focaliser sur les insectes qui pourraient être concernés par des élevages à grande échelle. Les études qui existent portent seulement sur une dizaine d’espèces, comme les criquets, les vers de farine ou les mouches domestiques.

En parallèle, on estime qu’entre 2 000 et 2 500 insectes différents sont consommés dans le monde. La démocratisation de l’entomophagie entraîne donc une vigilance accrue des consommateurs, au même titre que n’importe quel aliment de base. Il semble que même les mangeurs d’insectes soient victimes de la production industrielle à grande échelle.

L’Union européenne doit publier prochainement une liste des petites bêtes qui ne présentent aucun danger pour la consommation humaine. On vous recommande donc en attendant de faire particulièrement attention si vous avez des prédisposition aux allergies. En attendant, bon appétit !

 

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Paul Brinio

Né dans le sac à dos de ses parents, cet aspirant journaliste tombe rapidement amoureux de la radio. Après avoir traîné sa barbe et ses cheveux à RFI Bruxelles et dans des rédactions locales, il termine sa formation de journaliste, rejoint l'équipe de Néoplanète en 2015 et continu ses études de géopolitique dans un souci de conquête mondiale.