Mal-être animal : scandale dans les abattoirs de chevaux

Suite à l’affaire de la viande de cheval présente dans des lasagnes au boeuf, le ministre de la consommation, Benoît Hamon va s’entretenir avec la filière française de viande chevaline. Ce genre de scandale n’est pas nouveau. Souvenez vous, il y a un an, des abattoirs canadiens étaient au coeur d’une tourmente relative à la traçabilité de leur viande.

Les abattoirs de chevaux canadiens, qui approvisionnent la France en viande chevaline, sont mis sur le banc des accusés par l’association L214. L’association Canadian Horse Defense Coalition a récemment tourné en caméra cachée des images saisissantes dans l’abattoir « Les viandes de la Petite-Nation Inc. » au Québec. Diffusée en France par l’association L214 Ethique et animaux, cette investigation révèle des maltraitances envers les chevaux, victimes d’étourdissements ratés. Les images obtenues sont difficiles à regarder. Elles montrent par exemple le personnel s’y prendre à plusieurs reprises et parfois jusqu’à 11 fois sur des animaux en souffrance.

Or, les abattoirs de chevaux canadiens sont les principaux fournisseurs de l’Europe et de la France. La viande de cheval que l’on trouve à la vente en France provient à plus de deux tiers d’importations par avion, dont le Canada compte pour moitié. 100 000 chevaux ont été abattus pour la consommation humaine au Canada en 2010. Ce pays se place ainsi deuxième exportateur mondial après l’Argentine.

Les pratiques décrites ci-dessus, qui ne concernent pas seulement l’abattoir filmé par l’association L214, « contreviennent aux normes européennes s’appliquant à l’abattage des animaux, qui s’imposent pourtant aux pays tiers fournissant l’UE. La réglementation exige notamment un étourdissement efficace et indolore » explique cette même association dans un communiqué de presse.

De la viande sans traçabilité

L’association L214 déplore également que la traçabilité soit quasi inexistante dans la filière viande de cheval : « La majorité des chevaux abattus au Canada arrivent des États-Unis sans garantie sanitaire fiable. Ils sont souvent identifiés sur simple déclaration du négociant, qui n’a côtoyé l’animal que pour la transaction avec l’abattoir ». De nombreux chevaux de selle, de courses ou de compagnie, qui constituent la majorité des chevaux abattus, reçoivent souvent des médicaments à base de phénylbutazone, un anti-inflammatoire non stéroïdiens. Cette substance est dangereuse pour l’être humain et normalement interdite chez les animaux destinés à la boucherie.

Au Canada, certains politiques se sentent toutefois concernés par ce problème. Le député Alex Atamanenko a déposé un projet de loi prévoyant d’interdire l’importation ou l’exportation de viande chevaline ou de chevaux vivants en vue de leur abattage.

L’hippophagie, une pratique européenne

Traditionnellement, les Canadiens ne mangent pas de chevaux. L’hippophagie est surtout une pratique européenne, connue depuis la préhistoire et pratiquée par de nombreux peuples eurasiatiques pendant d’Antiquité. La consommation annuelle des Français est actuellement estimée à 0,5 kg par habitant. Les régions Île-de-France et Nord-Pas-de-Calais en sont les plus friandes.

La production française de viande de cheval est plutôt destinée à l’export, surtout vers l’Italie et l’Espagne. Les animaux abattus en France, essentiellement des chevaux jeunes, de trait ou d’élevage, « ne conviennent pas au goût des consommateurs » explique Johanne Mielcarek de la L214.

Les mauvaises pratiques en vidéo

Nous attirons votre attention sur le fait que les images des abattages de chevaux peuvent être difficiles à regarder.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dttuiwHuk_s[/youtube]

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