Maltraitance des lapins de chair : les associations s’indignent

Vous vouliez devenir végétarien ? De nouvelles révélations les conditions d’élevage des lapins de chair pourraient vous y encourager. Deux associations de protection des animaux dénoncent les mauvaises pratiques de la filière cunicole.

Un énième scandale de maltraitance animale concerne les lapins de chair, une espèce dont les « conditions d’élevage sont particulièrement difficiles » révèle l’association Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF) dans sa lettre d’information Champ libre de décembre 2011.

Les oubliés de la réglementation

Les lapins de chair sont élevés dans des cages en batterie avec des densités allant de 15 à 20 animaux par m². Les lapins ne peuvent pas se tenir debout, ni faire des bonds ou courir. Ils n’ont rien à ronger alors que cette action est essentielle pour entretenir leurs dents qui croissent d’au moins 2 mm par semaine. « Ces conditions d’élevage occasionnent des troubles comportementaux, des maladies, des dommages morphologiques et du stress » explique la PMAF. Plus grave encore selon l’association, « aucun texte réglementaire en France ne définit une protection minimale des lapins de chair ».

Changer les pratiques

La PMAF essaye tant bien que mal de faire changer les choses. Elle a entamé un partenariat avec Carrefour pour développer une filière prenant en compte le bien-être des lapins. Elle pourrait voir le jour sous la marque EQC (Engagement Qualité Carrefour). « Mais nous sommes encore dans une phase de recherche d’un système alternatif techniquement viable » nous a confié Jonathan Fleurent, chargé de campagnes à la PMAF. Toutefois, la Coopérative des éleveurs de lapins (CPLB), 1er groupement cunicole français, s’engage d’ores et déjà pour le mieux être des animaux. Grâce à son contrat « avenir élevage », elle apporte un soutien financier aux éleveurs en leur permettant d’installer des cages « bien-être » avec mezzanines et repose-pattes.

La production totale de lapins de chair en France s’est élevée en 2010 à 65 000 tonnes équivalent carcasse, selon les chiffres de l’Institut Technique de l’AVIculture (ITAVI), contre 84 000 tonnes en 1995. « Beaucoup de consommateurs se détournent de cette viande pour des raisons affectives. Le lapin demande également un certain temps de préparation alors qu’actuellement il y a un engouement de la jeune génération pour les plats tout préparés » rappelle Jonathan Fleurent. Actuellement le lapin représente seulement 1,4% des 87,8 kg de viande consommée par habitant et par an en France selon la CPLB.

La réalité en vidéo

Sur le site de l’association L214, il est également possible de regarder en vidéo une enquête dans les élevages de lapins en France. Nous attirons votre attention sur le fait que cette vidéo peut être particulièrement difficile à regarder, notamment pour les enfants ou les personnes sensibles.

http://vimeo.com/10890289


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