Le Louxor, l’environnement l’adore

Le jeudi 18 avril, Le Louxor de Barbès – un cinéma parisien vieux de 92 ans – a rouvert ses portes après 3 ans de travaux et 25 millions d’euros investis par la Ville de Paris. L’ancienne discothèque est aujourd’hui le premier bâtiment de la ville à utiliser l’énergie géothermique.

20540722Si les mûrs sont anciens, les techniques sont modernes. Une thermo-frigo pompe est installée sur la nappe phréatique située à environ 80 mètres de profondeur. Elle permet le chauffage du bâtiment en hiver et son rafraîchissement en été, en accord avec les objectifs du Plan climat de la Ville de Paris. Le bilan carbone du Louxor correspond ainsi aux normes en vigueur et sa consommation maximale est inférieure à 80 kWhep/m2/ an. Sans l’utilisation de la géothermie et une installation isolante moderne, le Louxor aurait consommé 540 kWhep/m2/ an, soit plus de 6 fois la dépense actuelle.

La restauration de ce temple unique au décor néo-égyptien, est née d’une envie. « L’histoire du Louxor et de sa rénovation est l’histoire d’un coup de tête et d’un coup de cœur », rappelait Bertrand Delanoë, maire de Paris, à l’origine de ce sauvetage.

Construit en 1920-1921 par l’architecte Henri Zipcy et le céramiste Amédée Tiberti, le Louxor fut d’abord un cinéma avant de devenir une boite de nuit en 1983 – appelé successivement la Dérobade et le Megatown – il finit par être désaffecté en 1987. La Ville de Paris le rachète en 2003 alors qu’il appartient à l’enseigne TATI.

Une renaissance durable

584343_vue-de-l-interieur-du-cinema-louxor-a-paris-le-12-avril-2013La Ville de Paris a relevé le challenge  : rénover un bâtiment à la façade classée monument historique tout en y installant un système d’énergie durable. L’investissement est énorme, la ville attend de pouvoir dresser un bilan positif pour équiper d’autres bâtiments. Comme dit Philippe Pumain, l’architecte du Louxor : « La géothermie, c’est la tendance aujourd’hui. La Ville de Paris a fait preuve de volontarisme. C’est quelque chose d’un peu expérimental que l’on a fait. On ne peut pas connaître l’ampleur du travail avant d’avoir commencé le forage. La nappe phréatique n’est pas la même partout. »

Pour lui, l’énergie géothermique est une bonne solution pour réfrigérer les bâtiments en ville. « Autant les chaudières ne sont pas des mécanismes très compliqués ou particulièrement coûteux, autant la production de froid est très compliquée. En plus, la géothermie requiert un investissement très lourd. Un maître d’ouvrage public engagé écologiquement, comme la Ville de Paris, se lancera plus facilement dans l’aventure qu’un particulier. »

©GeothermieMosaïques et murs couleur sable réchauffent le quartier de la Goutte d’Or. Au carrefour des 18e, 10e et 9e arrondissements, l’établissement se fait remarquer.

La salle principale, baptisée Youssef Chahine, du nom du  grand cinéaste égyptien, compte 334 fauteuils sur 3 niveaux : l’orchestre, le balcon et le poulailler. La salle à l’esthétisme d’un théâtre parisien est très agréable, les sièges refaits à neuf ressemblent à de vieux fauteuils de cinéma et la salle permet une bonne visibilité où que l’on soit assis.

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.