L’orchidée, une plante fascinante

Les fleurs ont toujours fasciné les hommes, comme les tulipes pour lesquelles les Hollandais rivalisent d’ingéniosité. Sans oublier les roses chères à nos preux chevaliers ou associées aux célèbres favorites des rois de France, telle la Pompadour. Mais ce sont sans nul doute les orchidées qui remportent le titre des plantes les plus luxueuses.

Par Jean-Pierre Nicolas, anthropologue – ethnobotaniste – président fondateur de l’association Jardins du monde

Avant que sa culture ne soit mise au point, on apportait, il n’y a pas si longtemps encore, l’orchidée exotique, souvent épiphyte (qui utilise d’autres plantes comme support), aux formes et aux couleurs inégalables, en Europe. Son apparente fragilité, son mode de reproduction énigmatique et ses caractéristiques botaniques faisaient de cette fleur le symbole de la pureté, de la grâce et de la rareté.

Un comportement fascinant

Comme elle coûtait très cher et n’était réservée qu’à quelques privilégiés, elle n’apparaissait que sur les femmes qui pouvaient se les faire offrir. Aujourd’hui, grâce à l’horticulture, on prélève moins d’orchidées sur les arbres des forêts tropicales, ce qui, du reste, est interdit par la Convention de Washington. Si la famille botanique des orchidées est la plus diversifiée (25 000 espèces réparties en 850 genres), cette plante est en danger, car son milieu naturel est menacé et certaines médecines traditionnelles la convoitent toujours autant. En revanche, la recherche médicale s’y intéresse peu, car il semblerait que les molécules qu’elle renferme soient moins attractives que son parfum.

Considérée au stade le plus avancé de l’évolution du règne végétal par les scientifiques, l’orchidée a un comportement fascinant par le mimétisme de ses formes et de ses odeurs. Certaines imitent, avec une telle perfection, les femelles de certains insectes, que les mâles, en essayant de s’accoupler, deviennent les colporteurs de la semence de ces fleurs. D’autres vont même jusqu’à « copier » leurs phéromones, dont le nectar le plus recherché. Vous trouverez, chez votre fleuriste, des orchidées produites en série dans les serres de Bretagne et du Pays de la Loire. Là, de nombreuses variétés y sont créées, qui, parfois, reprennent le chemin des tropiques pour enrichir les expositions locales. En définitive, l’orchidée ne cessera jamais de nous étonner et de nous émouvoir. N’est-ce pas de nouveau une stratégie de développement et d’adaptation à nos sociétés humaines ?

Cet article est extrait du magazine Néoplanète n°25 (déc 2011 – janv 2012).

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