Maroc :

L’or est dans le ciel

Un événement culturel, artistique et pédagogique, dédié au soleil et au développement durable des zones désertiques, c’est la vocation du Morocco Solar Festival qui s’est tenu pour sa deuxième édition du 16 au 18 octobre, à Ouarzazate, dans le sud marocain. Néoplanète est allé prendre la température sur place. Reportage.

La cuisine solaire, c'est possible ! Photo JM Véry
La cuisine solaire, c’est possible ! Photo JM Véry

 

Othman Sak, jeune ingénieur, propose son matériel aux tribus Massaï Photo JM Véry
Othman Sak, jeune ingénieur, propose son matériel aux tribus Massaï Photo JM Véry

Imaginé et co-organisé par Patrick Bauer, déjà à l’origine du Marathon des Sables, et par Mehdi Alaoui Mdaghri, fondateur et organisateur du Forum de la Mer, le festival a réuni une quarantaine d’exposants sur le Village solaire, avec l’aide de partenaires comme le ministère de l’Environnement marocain, Masen, l’Office national de tourisme, l’Agence du développement durable, celle de l’Énergie, l’Office de l’eau…

A quelques encablures du centre-ville de Ouarzazate, sur le parc Anatim, sous un soleil de plomb ponctué par de rares averses, le site offrait des rencontres avec des exposants en lien avec la technologie solaire, comme Acciona et sa voiture 100% Ecopowered, premier véhicule électrique à participer au Paris-Dakar, ou encore des fabricants de vélos solaires. Pour Othman Sak, jeune ingénieur mécatronique, en charge du développement pour Solar e-Cycles, c’est une autre démarche : « Nous proposons des vélos équipés de panneaux photovoltaïques avec une autonomie de 50 km à 40 km/h. Ils peuvent servir au transport au quotidien, mais aussi à aller chercher de l’eau pour certaines tribus, comme les Massaï, au Kenya. C’est un projet qui est en cours. »

La centrale solaire entre en service

Les vélos solaires, attraction du festival Photo JM Véry
Les vélos solaires, attraction du festival Photo JM Véry

Sur place également, le stand d’Yves Guyot, spécialiste reconnu en cadrans solaires, en charge d’installer courant 2016 un gigantesque cadran de 11 mètres de diamètre, de nombreux ateliers pédagogiques en direction des enfants, des fabricants de fours solaires et des artistes de rue pour animer le festival. Mais l’événement se décline aussi en centre-ville. Le soir venu, pas moins de 300 personnes pour assister aux séances en plein air d’Ecociméma. Un camion itinérant, venu spécialement pour l’occasion, équipé de 9 panneaux photovoltaïques et qui projette sur la grande place Mouhahidine des films à destination des enfants (Les Cités d’Or…) et des plus grands (Yann-Arthus Bertrand, Chaplin…). « C’est notre troisième saison pour Ecocinéma, et ça commence à décoller », se réjouit Valentin, à l’origine du projet, né lors d’un voyage en Amérique du Sud. Deux heures de montage, cinq heures d’autonomie, un écran de 8 mètres par quatre, pour une démarche qui vaut tant pour la volonté d’apporter le cinéma à des populations qui en sont éloignées que par un militantisme revendiqué.

Le samedi soir, c’est le Morocco Solar Orchestra, composé entre autres de musiciens de l’Opéra de Paris, qui a conclu l’événement par un concert dans le désert sous les étoiles.

Et pas de hasard si le festival s’est posé à Ouarzazate. A quelques kilomètres de là, Noor, la centrale solaire, que nous avons pu visiter, sera opérationnelle à la fin novembre. Soit quasiment en même temps que l’ouverture de la COP21 en France. A cette occasion, Néoplanète reviendra en début d’année sur les détails du gigantesque projet solaire marocain et la radio se mettra aux couleurs de la COP22, qui se tiendra en novembre 2016 à Marrakech. Pour André Azoulay, conseiller du roi Mohamed VI, présent à l’inauguration du festival, « c’est le chemin de l’audace et de l’avenir ».

Noor, la centrale solaire, ouvrira en novembre Photo JM Véry
Noor, la centrale solaire, ouvrira en novembre Photo JM Véry

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Jean-Michel Véry

Guitariste, compositeur, après dix ans de bons et loyaux services auprès de musiciens comme Andy Chase, Laszlo de Trèbes ou Vivien Savage, il débranche pour le journalisme et collabore avec L’Optimum, Le Figaro, Politis… Un père anglais et une mère égyptienne, aux ascendances touaregs, lui confèrent génétiquement le goût du voyage. Il signe régulièrement la rubrique « tourisme » pour Néoplanète.