Loi sur la transition énergétique : Ségolène Royal fait le forcing

Ségolène Royal_meeting_municipalesMi-2015, a dit Matignon pour l’adoption de la loi sur la transition énergétique. Pas question, ce sera 2014, comme le président s’y est engagé, rétorque Ségolène Royal.

« Le projet de loi sur la transition énergétique n’est absolument pas reporté à 2015. Il va suivre son chemin, il sera à l’automne à l’Assemblée, si les commissions parlementaires saisies fin juillet font leur travail », a déclaré la ministre de l’Ecologie et de l’Energie à l’AFP.

Déjà plusieurs fois reporté, le projet de loi sur la transition énergétique sera présenté le 18 juin en Conseil des ministres et il est toujours programmé pour une adoption à l’automne 2014, selon la ministre. A une condition tout de même, c’est que le travail des parlementaires se fasse dans les délais, ce que la ministre a sous-entendu, ajoutant qu’on pouvait « compter sur elle pour que les choses ne traînent pas ».

L’annonce d’un report de la loi à 2015 avait été très mal accueillie par les écologistes, Nicolas Hulot en tête. « Un tel report est inacceptable alors que cela fait mille jours qu’on attend », a-t-il déclaré. Il s’en est pris également aux conférences environnementales annuelles voulues par le président Hollande et « qui ne débouchent sur pratiquement rien ». Les Verts, via la secrétaire nationale d’EELV, Emmanuelle Cosse, ont attribué tout éventuel retard de la loi aux «lobbies, jusqu’au sein du gouvernement avec Arnaud Montebourg ».
Eoliennes_flickr_girolameLe texte du projet de loi encore en discussion confirme l’objectif de réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre en 2030, conformément aux engagements européens. La part du nucléaire dans l’électricité passerait bien de 76% aujourd’hui à 50% en 2025, un objectif jugé intenable par les experts comme le prouve les difficultés rencontrées pour fermer la centrale de Fessenheim en 2016.

La part des énergies renouvelables devrait représenter 32% de la consommation totale d’énergie et 40% de la consommation d’électricité à l’horizon 2030. Enfin, les régions devraient voir leurs prérogatives étendues grâce à la création d’un « service public de l’efficacité énergétique » chargés d’aider les particuliers à rénover thermiquement leurs logements.

 

 

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.