Insolite : le livre qui s’efface tout seul

livre effaçableTop chrono ! Vous avez 60 jours pour lire El futuro no es nuestro, un ouvrage rédigé par des écrivains d’Amérique latine, dont l’encre disparait au contact de l’air et de la lumière. Ce coup marketing de la maison d’édition Eterna Cadencia a été critiqué, même s’il avait un but noble : booster la carrière des jeunes romanciers pour que la littérature latino-américaine ne disparaisse pas.

Il n’y a pas qu’Harry Potter qui a ses tours de magies ! La maison d’édition argentine qui a édité El futuro no es nuestro (avec en surtitre « El libro que no puede esperar », soit « Le livre qui ne peut pas attendre ») a fait fort avec son livre à l’encre sympathique (il a fallu 2 jours pour épuiser le stock). « Les livres sont des objets très patients, ils peuvent attendre pendant des mois ou des années qu’on daigne les lire, se justifie Eterna Cadencia dans un spot publicitaire. Mais qu’en est-il des écrivains? Si personne ne découvre leurs œuvres, ils ne pourront jamais en écrire d’autres… »

Le revers de la page

Contraint par le temps, le lecteur s’intéresse au texte, et la lecture unique revalorise le livre par sa notion de rareté. Mais tout le monde n’approuve pas la démarche. Joëlle Faure, directrice de la communication de chez Albin Michel, avait réagi sur le Figaro, affirmant que « l’écriture appelle justement à la postérité. » Duran Duran, blogger sur Challenge.fr, avait ajouté : « Cela n’a pas le moindre intérêt excepté pour faire de la publicité. Un livre ça s’annote, ça se relit. On peut souhaiter en relire des passages après l’avoir terminé. Encore un concept complètement dépassé, dont on voit assez mal l’utilité, hormis dans le […] coup marketing. »

 

Est-ce écolo ? On en doute !

  • Au-delà de 60 jours, la page est vierge et le livre devient un cahier réutilisable.
  • L’ouvrage est emballé dans une sorte de plastique qui protège l’intérieur.
  • Quid de l’encre qui s’efface au contact de l’air et de la lumière, et de sa composition.
  • Le côté jetable peut être considéré comme du « fast book » et est donc nuisible à la notion de pérennité du livre si chère aux Français.

 

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Après un an passé en Irlande où elle obtient son bac à lauréat, elle revient en France où elle suit une année de lettres modernes à la faculté de Bordeaux. Depuis 2011 elle suit une formation de journaliste à Paris.