L’incroyable histoire planétaire de « l’arbre qui pleure »

Untitled-2Les colons européens avaient bien vu que les Mayas et les Aztèques utilisaient le latex de certains arbres pour en faire des balles, imperméabiliser leurs vêtements, fabriquer des chaussures et se faire des blagues … à tabac. A lire dans le Néoplanète spécial Brésil.

1736

Deux Français, François Fresneau et Charles de la Condamine, découvrent Heveabrasiliensis à Cayenne puis au Brésil. Ils étudient « l’arbre qui pleure », du quechua « Cao tchu » ou Hévé, et voient qu’on peut en faire des bottes étanches d’une seule pièce. En frottant la gomme sur des taches d’encre, les Anglais s’aperçoivent qu’elles s’effacent et le nomment rubber.

 

1823

L’Ecossais Macintosh met au point le procédé d’imperméabilisation des vêtements.

1842

Le hasard laissa tomber un morceau de caoutchouc soufré sur une poêle brûlante chez Charles Goodyear.
La vulcanisation était née. Le feu passait au vert pour l’exploitation de l’hévéa en Amazonie. On va en faire des pneus, des bottes et des préservatifs
dès 1870. La fièvre du caoutchouc s’empare de l’Amazonie que traversent routes, voies ferrées et où s’implantent les premières villes, Belém do Para ou Manaus. Mais cela ne suffit pas à satisfaire la demande européenne et les nombreuses convoitises. C’est alors que se produisit le plus incroyable rapt
botanique de tous les temps !
L’Anglais Henry Wickham rapporta 70 000 graines d’hévéa au jardin botanique de Kew à Londres. Là, Joseph Dalton s’empara de la cargaison qui prit la route de Ceylan et Singapour. Onze plants survécurent et sont à l’origine de 90 % des hévéas plantés actuellement dans le monde. Et quand l’Irlandais John Dunlop, puis les frères Michelin, perfectionnent les pneus creux gonflés et démontables en 1892, la demande explose et les cours flambent

1899

Afin de financer ses recherches sur la peste à l’institut Pasteur, Alexandre Yersin plante en Indochine des hévéas ramenés de Bombay. Michelin lui achète toute sa production.
Au Brésil, Manaus ne cesse de grandir, dopé par le prix du caoutchouc. On y compte le meilleur revenu par habitant du pays. Elle est la première ville du Brésil à être électrifiée, à compter un service d’eau et d’assainissement. Elle se dote du fabuleux théâtre Amazonas et d’un opéra. Puis, la concurrence inonde le marché. En 1914, le cours mondial chute et le rêve amazonien s’évanouit. Depuis, le Brésil ne fournit presque plus de latex sur un marché mondial désormais tenu par l’Asie.
Se rappelant que, lors de la dernière Guerre mondiale, on avait utilisé le latex de pissenlit, des Allemands ont réétudié la question. Grâce à la transgénèse, ils viennent d’obtenir des rendements 4 à 5 fois supérieurs.
Les pissenlits risquent donc demettre les hévéas à la retraite.

Page 2 : Un pays qui rembourse les plantes médicinales

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