L’Homme est-il le meilleur ennemi de la nature ?

Le congrès des réserves naturelles souffle cette année ses trente-deux bougies. C’est en Seine-et-Marne, du 16 au 19 avril 2013, que les gestionnaires de réserves naturelles et leurs partenaires institutionnels se sont retrouvés pour discuter de la protection et de la gestion des espaces naturels.

©Taiger808L’objet du débat : Comment accueillir au mieux le public dans les espaces protégés ?
Une sélection éclectique de spécialistes – un philosophe, une scientifique de la conservation, un représentant du ministère en charge de l’écologie, un élu de la Région Ile-de-France…- s’est posée la question de la  réconciliation de l’Homme avec la Nature. L’objectif : en finir avec cette opposition qui, chaque jour, les sépare davantage.

Ce que l’on a pu entendre :
Pour Anne-Caroline Prévot-Julliard – scientifique de la conservation, au CNRS et au MNHN – la ville « n’est pas un écosystème naturel mais un socio-écosystème ».

©wikicommonsAlain Cugno, philosophe présent à la table ronde, a souligné le besoin vital de la beauté naturelle pour l’Homme. La nature est ainsi comparable à l’art : « elle offre cette même puissance d’ouverture vers l’infini ». Cette comparaison justifie, selon lui, la nécessité de sa protection. Après tout, « la nature c’est aussi du Bonheur« , et comment mettre un prix sur le bonheur.

Le philosophe a insisté sur le partage de cette nature : « la nature est un bien commun à partager par tous ». Avant d’ajouter « Que chacun puisse y avoir accès pourrait d’ailleurs figurer dans la liste des Droits de l’Homme ».

©dimus62L’urgence :
L’Homme fait partie de la nature au même titre que les autres êtres vivants. Pourtant, ce mammifère omnivore situé en bout de chaîne alimentaire, ne se comporte pas de la même manière que le reste de l’écosystème. Assoiffée, irrassasiable et narcissique, il puise dans ses propres ressources sans se rendre compte de leur épuisement. Avec une population de 7 milliards d’individus, ce rapport intéressé qu’entretient l’Homme avec la nature ne peut pas faire long feu.

Le rêve :
Choyer la nature et l’entretenir afin qu’elle redevienne elle même et non plus « une chose » au service de l’Homme. Mais surtout « qu’il n’y ait plus besoin d’espaces protégés puisqu’elle serait partout préservée ».

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.