Alimentation :

Les supermarchés nouvelle génération

De Blablacar à Airbnb, du Vélib’ à Wikipédia, nous vivons dans une ère où l’économie collaborative a la cote. Les consommateurs deviennent acteurs du circuit productif et perdent peu à peu la passivité dont ils pouvaient souffrir auparavant. Selon une enquête TNS Sofres pour le groupe la Poste datant de 2013, près de 48% des sondés seraient adeptes de la consommation collaborative ! Aujourd’hui, l’éthique de la consommation collaborative s’étend aux supermarchés.

Qui consomme collaboratif, et pourquoi ?

Les consommateurs réguliers sont plutôt des femmes, des jeunes, des cadres, ou des personnes engagées dans des associations et présentes sur les réseaux sociaux. Il est vrai cependant que la consommation collaborative concerne encore les personnes au pouvoir d’achat élevé, mais les initiatives se multiplient et ouvrent cette économie alternative à un plus grand public.

Quelles sont les motivations de ceux qui optent pour la conso coopérative ? Premièrement, c’est l’aspect économique qui attire : consommer coopératif a l’inégalable avantage d’être peu onéreux ! Vient ensuite l’idéal militant, la défense d’un modèle alternatif et plus respectueux des autres et de l’environnement. Les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), des partenariats entre consommateurs et producteurs locaux permettant le partage de produits frais, constituent un exemple alliant ces deux aspects.

La Louve, de la coopérative au supermarché

Deux Américains à Paris sont à l’origine de cette initiative durable. Gastronomes et économes, ils s’inspirent d’un modèle de « food cop » new-yorkaise et créent la coopérative alimentaire la Louve. L’entreprise est florissante, assez pour qu’ils envisagent peu à peu d’ouvrir non plus une petite boutique, mais un « éblouissant supermarché » ! Son ouverture est prévue pour la rentrée 2016, rue des Poissonniers, dans le 18ème arrondissement de Paris.

Une condition pour le bon fonctionnement de ce supermarché collaboratif : tout est dans le titre… Il faut mettre la main à la pâte ! Chaque membre de coopérative participe à hauteur de 3 heures consécutives tous les mois au fonctionnement du magasin. De cette manière, les coûts sont réduits et l’addition moins salée. L’enthousiasme est tel qu’il a atteint Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier ou Bayonne, où des initiatives similaires se développent.

Consommer et « cultiver notre jardin »… Littéralement !

D’autres « hybrides » collaboratifs émergent peu à peu : Sopic (un groupe immobilier) et ses partenaires, Les Fermes de Gailly et l’architecte Jean-Michel Wilmotte ont élaboré découVertes, un projet novateur qui mêle ferme et centre commercial. Conçue comme une « bulle de nature », la ferme ouverte toute l’année proposera des activités gratuites ou peu chères (entre trois et cinq euros) animées par les Fermes du Gailly afin d’autoriser les visiteurs à rencontrer la nature… Sans quitter leurs caddies ! Les commerçants du centre pourront même récompenser leurs habitués en leur offrant des coupons d’accès aux activités fermières.

Image de synthèse du projet découVertes à Ezanville. Crédits découVertes
Image de synthèse du projet découVertes à Ezanville. Crédits découVertes

découVertes a le projet ambitieux d’être le trait d’union entre la ville et la campagne, le maillon manquant visant à transmettre pédagogiquement au public les problématiques environnementales et agricoles contemporaines.  Le premier projet se situe en région parisienne à Ezanville et consacrera 2,5 hectares des 74 000 mètres carrés de l’espace à une ferme pédagogique. Deux autres projets sont en cours de création, afin d’offrir cette opportunité de consommer tout en comprenant mieux ce que l’on range dans son frigo !

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Marion Lefevre

Etudiante en sciences politiques et désirant faire du journalisme son métier. Jusqu'ici assez peu informée en terme d'écologie, c'est au contact de quelques amis vegan et végétariens que j'ai commencé à m'intéresser aux problématiques environnementales. J'étudierai l'année prochaine au sein d'une université montréalaise, où j'espère bien pouvoir en apprendre davantage sur l'écologie sauce québécoise !