Les routiers montrent les dents : l’écotaxe-bis disparaît à son tour !

Portique_anti-écotaxeLe « péage de transit », qui était censé remplacer l’écotaxe, a été suspendu sine die le 9 octobre par Ségolène Royal compte tenu « des difficultés de mise en œuvre de l’écotaxe, y compris dans la phase d’expérimentation ».

La première fois, en juin, les « bonnets rouges » bretons avaient eu la peau de l’écotaxe première version. Cette fois, il a suffi d’une menace des transporteurs routiers pour que le « péage de transit poids-lourds », une écotaxe au rabais, soit suspendu, donc sans doute enterré alors même que la phase d’expérimentation avait démarré au 1er octobre.

Selon la ministre de l’Ecologie et le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, il s’est avéré nécessaire de « clarifier les sources de financement de l’usage des infrastructures pour aboutir à un système clair et juste » et donc de suspendre le dispositif de l’écotaxe … après une réunion avec les responsables des fédérations de transport routier, qui menaçaient de dresser des barrages filtrants dès la semaine prochaine. Bien sûr, « un groupe de travail de co-construction d’une solution » va se mettre en place avec toutes les parties prenantes.

L’idée de ce « péage de transit » était de faire payer les camions français et surtout étrangers qui traversent le pays de bout en bout sur nos routes nationales en évitant soigneusement les autoroutes à péage. Le nouveau dispositif, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2015, concernait les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur un réseau de près de 4 000 kilomètres de routes nationales et locales très fréquentées par les poids lourds (au lieu de 15.000 dans le projet initial). Il devait rapporter 550 millions d’euros par an.

Les réactions ne sont pas fait attendre. Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé que « par manque de courage, Ségolène Royal tue l’écotaxe et assassine l’écologie ».  Pour l’ancien secrétaire d’Etat aux transports Frédéric Cuvillier, « cet abandon pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse, en particulier au financement des infrastructures » auquel il était destiné. Enfin, Emmanuelle Cosse (EELV), s’est dite « scandalisée » parce que cette écotaxe devait permettre de « diminuer les pollutions et d’harmoniser au niveau européen ce qui se fait déjà dans d’autres pays ». « Aujourd’hui, on arrête tout parce qu’il y a un ultimatum des routiers, alors même qu’ils ont eu beaucoup de contreparties à cette écotaxe depuis 2009 », conclut-elle.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.