Les réseaux électriques doivent se mettre au rythme des énergies renouvelables

ENERGIE – Des adaptations des réseaux sont nécessaires pour que les éoliennes et les panneaux solaires s’intègrent dans la production d’énergie…

Le vent a tourné le week-end dernier en Allemagne: pour la première fois, le pays a frôlé une journée «100% renouvelable». Mais dès l’annonce de ces quelques heures sans nucléaire et sans charbon, les critiques se sont portées sur le développement trop lent de nouveaux réseaux: pour acheminer l’énergie produite par les éoliennes de mer du Nord vers le sud du pays, il va falloir moderniser et étendre les réseaux de distribution.

Les réseaux suivent la météo

En France, même si la capacité de production d’énergie renouvelable est encore très inférieure à celle de l’Allemagne, le problème est le même. «Il faut adapter les réseaux car les objectifs de développement des énergies renouvelables modifient sensiblement la production électrique», confirme Alexandre Courcambec, chargé de mission au Syndicat des énergies renouvelables (SER). Concrètement, les énergies renouvelables changent la donne pour trois raisons, poursuit-il: «Les nouvelles localisations, les nouveaux niveaux de tension de raccordement et la disponibilité variable de la ressource.»

Pour s’adapter à ces nouvelles contraintes, le réseau de transport d’électricité (RTE) a mis en place depuis fin 2009 un dispositif baptisé IPES, comme insertion de la production éolienne et photovoltaïque sur le système. Il permet aux opérateurs de RTE de suivre en temps réel l’évolution des productions éoliennes et photovoltaïques, de les prévoir et de déclencher des alarmes si besoin. Par exemple, IPES permet d’actualiser quatre fois par jour, après la réception des bulletins de Météo France, les prévisions de vent et donc la production d’énergie éolienne.

Priorité aux renouvelables

Toutefois, au Syndicat des énergies renouvelables, on tient à rappeler que la variabilité de la production n’est pas l’apanage des éoliennes et des panneaux solaires: «Le système électrique est déjà opéré avec une grande dose de variabilité liée aux prévisions météo, par exemple une erreur de 1°C en hiver, c’est une variation de 2.000 mégawatts», insiste  Alexandre Courcambec.

Ce qui distingue le plus les sources renouvelables des bonnes vieilles centrales, c’est surtout leur situation géographique et le fait que la production d’électricité se fasse, pour le photovoltaïque, sur les lieux de consommation. «Le réseau conçu pour distribuer doit maintenant intégrer des centres de production», explique le SER. Et peut-être un jour prioriser les sources vertes, comme c’est le cas en Allemagne: la loi y impose de faire circuler en priorité l’électricité renouvelable, le courant provenant des centrales nucléaires ou au charbon ne venant qu’en complément.

 

Audrey Chauvet

 

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