Les récifs artificiels, une bonne idée ?

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers d’épaves d’avions et de bateaux ont sombré dans la mer, au large des côtes du Japon. Des abris que la faune marine a envahi avec bonheur. Et qui ont donné des idées aux scientifiques… Par Gilles Boeuf. Extrait de Néoplanète 24.

En 1945, le Japon, après les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki, finit par capituler. Des milliers d’épaves d’avions et de navires avoisinent les côtes. Rapidement, les pêcheurs se rendent compte que la faune marine s’installe volontiers dans ces carcasses. Germe alors l’idée de récif artificiel, une aire de cachettes installées sur des fonds marins meubles sans abris naturels. Mais elles ne se révèlent pas idéales.

DEUX STRATÉGIES QUI MARCHENT

Se met alors en place une recherche sur des structures en béton. Plus de deux cents types de constructions ont été déployées et accueillent aujourd’hui entre sept et vingt-trois espèces. Leur avantage ? Elles représentent une protection très efficace contre le chalutage, n’autorisant qu’une pêche plus écologique, à la ligne ou avec des petits filets, et ont permis une stabilisation des captures dans les zones côtières. Conséquence, le Japon affiche la même biomasse depuis plus de vingt ans, aux alentours de 1,5 million de tonnes.

Rappelons que le pays du Soleil-Levant est le deuxième consommateur au monde de produits aquatiques, avec, en moyenne, 67 kg par habitant (contre 30 kg en France). Aujourd’hui, deux stratégies cohabitent avec succès. Grâce à la première, celle de laisser faire la nature, la faune marine s’implante par elle même. Mieux, après agencement de l’espace, on libère jeunes ormeaux, crevettes, coquilles Saint-Jacques, huîtres, moules et diverses espèces de poissons, comme des dorades, des turbots ou même des thons !

Encore bien plus étonnant : les grands pélagiques affectionnent ces zones qui leur offrent des conditions de vie optimales et stabilisent leurs populations en dehors des circuits migratoires. Quant à la seconde, la création de récifs artificiels, ce sont les administrations locales et les coopératives qui les mettent en place en fonction des saisons et des limites géographiques. Le but est de restaurer, d’améliorer la ressource et de refertiliser le milieu marin par une organisation de la bande côtière. C’est un bel exemple d’aménagement d’écosystèmes par l’humain.

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