Les pesticides dans le collimateur des sénateurs

AGRICULTURE – Une mission d’information alerte sur les dangers liés à l’utilisation des pesticides par les agriculteurs…

sénat pesticidesPaul François: son nom résonne comme celui d’un martyr dans la bouche des anti-pesticides. Cet agriculteur charentais, atteint de troubles neurologiques, est le premier en France à avoir fait reconnaître en justice la responsabilité des pesticides. C’est en suivant son parcours du combattant que Nicole Bonnefoy, sénatrice (PS) de Charente, a décidé de demander un rapport parlementaire sur l’impact des pesticides sur la santé. Après six mois passés à auditionner plus de 200 personnes, agriculteurs, fabricants de produits phytosanitaires, chambres d’agriculture, mais aussi scientifiques et médecins, les 27 sénateurs ont une certitude: les pesticides ne sont pas inoffensifs.

Parfois utilisés à mains nues

Premier constat des sénateurs: les risques des pesticides pour la santé sont sous-évalués. «L’omerta se lève progressivement mais le recensement des malades est encore incomplet, explique Sophie Primas, sénatrice (UMP) des Yvelines. De plus, les effets des produits peuvent se révéler des années après leur utilisation». Si les malades se regroupent de plus en plus dans des associations, la possibilité pour eux de mener des actions de groupe en justice «permettrait de menacer les industriels pas sérieux», estime Henri Tandonnet, sénateur (UDI) du Lot-et-Garonne.

Car si les fabricants de pesticides rappellent souvent qu’un produit bien utilisé ne doit pas créer de problèmes, les conditions réelles dans lesquelles se passent les traitements sont loin d’être idéales. «Les équipements de protection individuels sont insuffisants, alerte Sophie Primas. Nous recommandons de renforcer la formation sur les précautions d’emploi, notamment quelle quantité, quand et comment utiliser les produits.» «J’ai été surprise de voir le contraste entre les précautions prises dans les usines de fabrication, avec des ventilations, des robots, des masques, et l’utilisation parfois à mains nues par les agriculteurs», ajoute Nicole Bonnefoy.

 

 

En page 2 : l’heure est venue, d’après les sénateurs, de «diversifier et introduire de nouvelles méthodes de production»

 

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