Eau polluée et santé : alerte!

Vos toilettes vous servent de poubelle ? Le dernier rapport de l’Association Santé Environnement France (ASEF) a de quoi vous faire perdre cette mauvaise habitude. A la sortie des stations d’épuration, l’eau reste polluée par de nombreuses molécules qui ne sont pas filtrées, dont des résidus médicamenteux. Les rejets de l’agriculture et de l’industrie sont aussi en cause.

Des oestroprogestatifs dans les canalisations ? Voilà ce que révèle le dernier rapport de l’Association Santé Environnement (ASEF), « Pollution de l’eau : origine et impact », disponible depuis le 22 mars sur son site Internet. Des résidus issus de l’urine des femmes qui prennent la pilule, mais aussi de médicaments anticancéreux et antidépresseurs, dont la France est le plus gros consommateur au monde. Après s’être fait connaître par son étude sur la qualité de l’air intérieur des crèches, l’ASEF s’intéresse à la qualité de l’eau.

Urines et déjections… A la votre ! Les eaux souterraines et de surface contiennent des millions de tonnes de polluants provenant des rejets des industries chimique et pharmaceutique, des élevages industriels d’animaux, des hôpitaux, mais aussi des eaux domestiques usagées. Résultat : seulement 10% des cours d’eau français sont exempt de pesticides et, plus inquiétant, 47% de nos eaux souterraines, utilisées pour notre consommation quotidienne. Le secteur agricole fournit insecticides, nitrates, phosphore et autre déjections animales. On retrouve ainsi dans les sols les compléments alimentaires et antibiotiques donnés aux animaux pour favoriser leur croissance.

Des mâles qui se féminisent… Les 2 500 médecins de l’ASEF mettent également en avant le rôle du changement climatique dans la dégradation de la qualité des eaux. Une augmentation de quelques degrés favorise la prolifération d’amibes, de bactéries, d’algues et de phytoplancton toxiques. Les vagues de chaleurs et canicules, plus longues et intenses, ne sont pas sans conséquences : moins d’eau potable, moins de poissons et des eaux de baignade plus polluées. Même à faibles doses, les perturbateurs endocriniens présents dans l’eau interfèrent avec les fonctions du système hormonal. La reproduction et le développement peuvent être altérés, provoquant des phénomènes tels que la féminisation des mâles ou une sensibilité accrue aux agents infectieux.

Exposition chronique : danger ! Les médecins appellent chacun d’entre nous à agir pour réduire les pollutions des eaux. Mais ce bilan nous invite aussi à une remise en cause structurelle de la gestion de l’eau. « Nous devons penser nos normes (de traitement de l’eau) en termes de durée d’exposition chronique et non plus en termes d’intoxications aiguës », déclare le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF. En espérant que les premières recommandations du Plan National sur les Résidus Médicamenteux (PNRM), attendues début 2010, tiennent compte du principe de précaution.


 

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