Les makers veulent refaire le monde !

Pour quoi faire  ?

Makers-Do-It-With-Tools_12347-lLes Makers imaginent, conçoivent et créent à la manière d’un Gaston Lagaffe qui aurait réussi ses prototypes, les plus fous comme les plus utiles. Les créations sont d’une grande variété, laissant place à une imagination qui fait penser à celle des enfants avec les Lego ou leurs parents avec le Meccano. On trouve… :

– les « objets ego », très personnels, juste pour le plaisir.

– les objets inachevés, personnalisables au goût de chacun de ceux qui s’en empareront.

– les « objets ouverts » (open hardware) et les « objets communautés » créés par un groupe qui les fait vivre et évoluer.

– les « objets générateurs » qui ne sont pas les moindres, servent à fabriquer de nouveaux artefacts encore plus évolués, comme des imprimantes 3D.

L’exemple type est celui de la MakerBot ou celui du physicien Chris Anderson, qui a automatisé un système d’arrosage mis au point en 1943 par son grand-père, en mettant au travail toute une communauté avant de se lancer lui-même dans la production de robots.
Même si la plupart des Makers ne sont pas des Chris Anderson, peut-on parler d’une nouvelle forme d’industrialisation, avec de nouveaux acteurs et de nouveaux services ? Comment s’y retrouver ? Grâce à un jeu de carte (gratuit) réalisé par le groupe de travail ReFaire, pour « prendre la mesure des transformations en cours » (http://maisquerefaire.fr) « Chacune de ces cartes a trait à de nouvelles méthodes, de nouveaux lieux, de nouvelles pratiques, à l’image d’un jeu des 7 familles, explique le groupe ReFaire.
Ces 54 cartes cherchent à montrer les différents outils, acteurs, méthodes, pratiques, lieux, plateformes, mais aussi les nouveaux objets au cœur de cette révolution. »

Changer d’échelle ?

La pratique maker se limite souvent à la réalisation de prototypes et de petites séries. Le changement d’échelle passe le plus souvent par des sociétés qui proposent de produire en masse à partir des modèles conçus par les Makers qui voient alors les idées leur échapper. La question est de savoir si ces nouveaux producteurs-bidouilleurs peuvent constituer une alternative et remettre en question les pratiques industrielles classiques.
Rien n’est moins sûr.
Beaucoup de groupes industriels, se gardant bien d’adopter la stratégie ouverte des Makers, s’efforcent de récupérer le mouvement. Renault a créé un espace dédié, réservé à ses salariés. Seb a lancé ses propres Fab’labs. A Détroit, Ford s’est rapproché d’un TechShop de Makers pour créer son propre labo doté d’instruments les plus sophistiqués. Les ingénieurs de Ford observent ainsi les comportements des Makers pour intégrer les pratiques les plus intéressantes dans l’entreprise. Le rêve des Makers survivra-t-il à la tentation consumériste ?

La « consommation collaborative » et l’exemple de MakerBot : à découvrir page 3

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.