Les jeunes agriculteurs et le développement durable

Exit les méthodes archaïques, les jeunes agriculteurs investissent désormais pour diversifier leur activité agricole, limitant ainsi l’effet de serre.

« Les agriculteurs sont les premiers acteurs de l’environnement. La durabilité est gage de la pérennité de leurs exploitations ! » Pour Julien Marre, responsable Environnement des Jeunes Agriculteurs, un syndicat professionnel, pas de doute : on ne peut être agriculteur sans se soucier de l’environnement, de l’économie et du social. Les agriculteurs de demain sont d’ailleurs les premiers impliqués : ils renouvellent les pratiques et innovent quant à le matériel.

Arnaud Labesse est éleveur de charolaises dans l’Indre. Son crédo : l’autosuffisance. Herbe, paille, céréales… « tout ce que mangent nos bêtes est produit sur l’exploitation », explique t-il. Pour en arriver là, il a du réaliser un investissement conséquent : 15 000 € pour une fabrique d’aliments (aplatisseuse et mélangeuse) au siège de l’exploitation. Ce fonctionnement, qui améliore la qualité de la nourriture et réduit le transport, lui permet aussi de diminuer ses coûts : « par rapport à l’aliment acheté, j’économise 50 € la tonne », a-t-il calculé. Et pour réduire l’effet de serre, il commercialise depuis un an un dixième de sa production en vente directe.

Aurélie Pascal est productrice de fruits et légumes certifiés Global G. A. P (Good Agricultural Practice), une certification qui « s’appuie sur les valeurs du développement durable : la complémentarité, la durabilité, le social, les petits objectifs, l’aspect sanitaire… » Sur 28 hectares (dont deux en bio), elle cultive pêches, nectarines et tomates. « Nous récupérons le drainage issu de l’irrigation de la tomate pour faire de la fertirigation sur les péchés. » L’exploitation n’a pas recours aux insecticides mais à des insectes, comme dans la serre à tomates où « un nouvel écosystème a été créé par le lâchage d’insectes (prophylaxie). Pour éviter les contaminations, nous entrons par un sas et nous portons des blouses. » Son regret : le manque de visibilité économique pour inciter le plus grand nombre à passer au DD. « On ne maitrise pas les prix de vente, mais les charges sont là : en fruits et légumes, 60% du coût de production est dû à la main d’œuvre. »

François Thabuis, spécialisé dans la production de reblochon fermier, a mis en place un système de séchage solaire du foin en grange. « Le séchage en grange nous permet de garder toute la valeur nutritive du foin et nous évite de passer au tracteur dans le champ, avec un risque d’abimer les tiges », explique t-il. L’environnement est gagnant: moins de carburant, moins d’engrais et moins de produits phytosanitaires sont nécessaires. Le solaire, comment ça marche ? Entre la tôle et l’isolation, est installée une antichambre solaire qui réchauffe l’air diffusé par le ventilateur et permet d’arrêter plus souvent son moteur. Le fromage produit par François bénéficie de la certification AOP, une façon de se différencier en apportant un plus qualitatif.


Pour rendre hommage à ces agriculteurs qui s’investissent dans l’agriculteur biologique, Ecocert organise un concours photo national : « PROFIL(S) BIO ». Du 20 avril au 30 juin, photographes amateurs, professionnels, mais aussi et surtout aux agriculteurs sont invités à illustrer et partager leurs bonnes pratiques (envoi par mail à contact@arbre-et-paysage32.com).

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