Les gros poissons se font la malle !

raie Licence: CC0 Public Domain Pixabay En un siècle, deux « gros » poissons sur trois ont disparu, selon une étude internationale qui vient d’être publiée par l’IRD (Institut de recherche pour le développement).

Début novembre, on avait appris que la moitié des espèces sauvages avait disparu en 40 ans, et que l’Europe avait perdu plus 400 espèces d’oiseaux.

Cette fois, ce sont les gros poissons prédateurs qui nous quittent et tous les quotas du monde n’y feront rien.

En tête de nos chers disparus, les thons bien sûr, les mérous, les requins et « autres prédateurs supérieurs ». La surpêche, depuis plus de 40 ans, est responsable de cet « effondrement » est de plus en plus rapide, selon les scientifiques de l’IRD, qui ont mené cette étude  sur « l’océan mondial », en collaboration avec des chercheurs canadiens, espagnols et italiens.

Que ce soit sur terre ou sur mer, quand vous supprimez les grands prédateurs, vous observez « des conséquences en chaîne à une échelle globale, tant sur les réseaux alimentaires que sur l’équilibre des écosystèmes ».

Les chercheurs mettent clairement en cause la surpêche : « Thons, mérous, raies, requins, espadons… sont les mets préférés des consommateurs, incitant les pêcheurs à prélever ces grandes espèces marines », explique l’IRD. Recherchant d’abord ces captures à forte valeur économique, « les pêcheurs ont tendance à les prélever jusqu’à épuisement des stocks de pêche. »

Les constats des chercheurs sont sans appel :

  • « Nombre de ces espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction. »
  • « L’homme est tenu responsable de l’extinction de nombreuses espèces. »
  • « Ce déclin s’accélère: plus de la moitié (54 %) de cette perte de biomasse s’est produite au cours de ces 40 dernières années, soit depuis le début de la pêche industrielle dans les années de 1970. »
  • Les petits poissons en profitent : les stocks de sardines, d’anchois et de maquereaux ont doublé en un siècle, mais c’est vrai aussi des méduses.

L’équipe internationale a analysé 200 modèles simulant les écosystèmes marins à travers le monde sur une période allant de 1880 à 2007. Ces modèles ont été réalisés à partir des données sur l’habitat, l’écologie et les conditions d’alimentation de plus de 3 000 espèces de poissons, précise l’IRD. Les scientifiques en ont déduit « plus de 68 000 estimations de la biomasse en poissons (…)  et ont ainsi retracé l’évolution des ressources halieutiques dans l’espace et dans le temps, révélant l’effondrement au siècle dernier des populations de grands prédateurs ».

Au cours du XXe siècle, on est ainsi passé « d’océans peuplés pour une large part de grandes espèces à des espaces dominés par les petits poissons ».

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.